Critiqué pour avoir oublié
Cristiano Ronaldo dans son onze idéal de l’histoire de la Ligue des
champions, Vincent Duluc justifie son choix.
S’il fallait ne citer qu’un seul joueur pour représenter la
Ligue des champions, Cristiano Ronaldo serait sans doute le premier
nommé par de nombreux fans de football. Mais pas Vincent Duluc. Il
y a quelques jours, dans L’Equipe, le journaliste a
dévoilé son onze idéal de l’histoire de la C1 et l’attaquant
portugais, meilleur buteur et passeur décisif de la compétition,
n’y figure pas.
À sa place, dans le secteur offensif, le reporter donne sa
préférence à George Best, Johan Cruyff, Lionel Messi et Alfredo Di
Stefano. Un choix qui a enflammé les réseaux sociaux, lui valant
ainsi bon nombre de critiques. « Je ne peux pas nier que
je m’y attendais, ni que je l’ai bien cherché, en oubliant
volontairement Cristiano Ronaldo dans mon onze »,
écrit-il jeudi dans sa « causerie ».
Vincent Duluc s’explique pour Cristiano Ronaldo
Vincent Duluc explique que l’objectif était de « mêler
des critères objectifs et des sentiments personnels ».
« S’il s’était agi de faire un onze de la rubrique
football, (…) les critères objectifs auraient tout emporté ; mais
puisqu’il s’agissait aussi d’un classement personnel, j’ai mêlé à
l’affaire des convictions et des sentiments qui n’ont pas fait bon
ménage avec le consensus. »
« L’oubli de Cristiano Ronaldo, qui m’a été reproché en
plusieurs langues et dans d’innombrables mails ou posts sur les
réseaux sociaux, (…) repose sur une volonté évidemment personnelle,
et débattable, de faire la différence entre les records et la
magie », ajoute-t-il. Et à ses yeux, « CR7 a
laissé plus de traces dans les tours précédents que dans les
finales » de Ligue des champions.
Ses quatre buts inscrits en six finales pèsent peu pour
l’ancien chroniqueur de L’Equipe du Soir.
« Quatre buts, cela le situe loin de Ferenc Puskas, qui
n’est pas dans le onze, et d’Alfredo Di Stefano, auteur de sept
buts chacun. Un joueur comme Gareth Bale a inscrit trois buts en
finale avec le Real, par exemple », justifie-t-il,
confiant avoir été « agacé » par le quintuple
Ballon d’Or.
Le côté agaçant de « CR7 »
« Sa manière d’avoir célébré son penalty du 4-1 en
2014, comme s’il s’était agi du but décisif du Real, alors que
Sergio Ramos en avait été le sauveur absolu, m’a un peu agacé, de
même que je lui reproche d’avoir vampirisé l’après-finale de 2018,
le troisième sacre en suivant de Zinédine Zidane sur le banc du
Real, en balançant une petite phrase sur son avenir »,
poursuit Vincent Duluc.
Il estime que l’ancien Merengue a voulu, ce soir-là,
« occuper la première place dans les débats, après une
finale où il avait joué un rôle accessoire ». Voilà ce
qui l’a amené à ne pas le retenir, malgré l’admiration qu’il lui
porte pour « sa longévité, sa manière obsessionnelle de
battre des records pour laisser une trace, sa façon de s’être
réinventé en buteur après ses débuts de dribbleur ».




