Opportunisme pour certains, chance d’une vie pour d’autres : à l’approche de chaque Coupe du monde, on assiste à l’arrivée d’une vague de joueurs, souvent binationaux, qui acceptent subitement de jouer pour une sélection qu’ils ont fait patienter parfois durant des années. Voici les cas les plus célèbres d’un phénomène qui se vérifiera à nouveau à la Coupe du monde 2026
A l’image d’Elye Wahi, de Kader Meïté et dernièrement d’Ismaël Doukouré avec la Côte d’Ivoire, d’Issa Diop avec le Maroc ou encore de Rani Khedira avec la Tunisie, une vague de joueurs binationaux a accepté de répondre enfin à l’appel du pays de ses origines, après une attente plus ou moins longue, à l’approche de la Coupe du monde 2026. Si l’Afrique est le continent le plus concerné, il n’a pas le monopole de ce phénomène, comme le prouve l’arrivée en mars de Wilson Isidor (Sunderland) avec Haïti. Zoom sur les cas les plus célèbres de joueurs africains qui ont changé de sélection juste avant une Coupe du monde.
Kevin-Prince Boateng, l’homme des grandes occasions
En mai 2010, quelques semaines avant la première Coupe du monde de l’histoire organisée en Afrique, Kevin-Prince Boateng obtient enfin le précieux sésame de la FIFA qui lui permet de représenter le Ghana, lui, l’ex-international Espoirs allemand qui avait décliné l’appel des Black Stars par le passé. Après un tournoi réussi, avec une épopée jusqu’en quarts de finale marquée par le match contre l’Allemagne de son frère Jérôme (une grande première dans l’histoire du Mondial), le joueur de l’AC Milan délaisse progressivement la sélection pour finir par annoncer sa retraite internationale en 2011 à 24 ans, indiquant privilégier sa carrière en club.
Sentant un nouveau Mondial approcher, il en ressort deux ans plus tard, à l’automne 2013 et prend part à l’édition 2014 qui virera au fiasco. Suite à un accrochage avec le sélectionneur James Kwesi Appiah, il est renvoyé de l’équipe avec son compère Sulley Muntari quelques heures avant le dernier match de groupes face au Portugal. Suspendu pour une “durée indéterminée” par la Fédération ghanéenne, il ne remettra jamais les pieds en sélection. Son bilan de 15 capes dont 7 matchs de Coupe du monde est assez évocateur.
Habib Bellaïd, le Mondial vu du banc
Après avoir décliné l’opportunité de participer à la Coupe du monde 2006 avec la Tunisie, pays de son père, et porté les couleurs et le brassard de capitaine de l’équipe de France Espoirs, Habib Bellaïd se déclare à disposition de l’Algérie, pays de sa mère, après la qualification pour la Coupe du monde 2010.
Le sélectionneur Rabah Saâdane entend son appel et retient le défenseur central de Boulogne sur Mer, alors en Ligue 1, dans sa liste pour le Mondial. Sa participation au naufrage contre l’Irlande (0-3) en match de préparation l’empêche toutefois de gratter la moindre minute pendant le tournoi, conclu par une élimination en phase de groupes.
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David Jemmali et Yohan Benalouane, oui à la Tunisie à 31 ans
Défenseur emblématique des Girondins de Bordeaux, David Jemmali opte pour la Tunisie à 31 ans, en février 2006, à quelques mois de la Coupe du monde. S’il ne disputera que le premier match du tournoi, contre l’Arabie Saoudite (2-2) avant de sortir du onze, le latéral droit cumulera tout de même 10 capes avec les Aigles de Carthage.
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Douze ans plus tard, la Tunisie remet ça avec un autre défenseur : Yohan Benalouane (31 ans). Après plusieurs convocations refusées par le passé, le joueur alors en manque de temps de jeu à Leicester dit oui aux Aigles de Carthage juste avant la Coupe du monde 2018. Verdict : 4 capes en matchs de préparation et une entrée en jeu pendant près d’une heure lors du calvaire contre la Belgique au Mondial (5-2). Il ne remettra plus les pieds en sélection ensuite.
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Ghana 2022, l’arrivage massif
Avant la Coupe du monde au Qatar, le Ghana a enrôlé plusieurs binationaux à l’été 2022. A commencer par Inaki Williams, qui avait représenté l’Espagne en A en 2016. Un an après avoir déclaré en 2021 “mes parents sont originaires d’Accra, je n’y suis pas né, je n’y ai pas été élevé, ma culture est ici (en Espagne, ndlr)”, le buteur de l’Atletico Bilbao prenait un spectaculaire virage à 180 degrés. Avec un bilan de 2 buts en 25 capes et plus de déceptions que de réussites, sa carrière avec les Black Stars n’est pas à la hauteur des attentes.
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Ex-international Espoirs anglais, Tariq Lamptey a lui aussi rejoint le Ghana. Mais, après deux matchs intéressants au Mondial, des blessures récurrentes ont empêché le latéral droit de la Fiorentina de s’installer durablement en sélection (il ne compte que 11 capes, dont 7 après le Mondial).
Enfin, Mohammed Salisu est le seul non-binational de cette liste. Bien que de nationalité ghanéenne uniquement, le défenseur central de l’AS Monaco a tardé pendant trois ans à répondre à l’appel de son pays. Il a dit oui juste avant le Mondial et n’a plus quitté l’équipe-type depuis. Preuve que ces arrivées de dernière minute peuvent aussi bien se terminer et déboucher sur de vraies histoires…



