Une page importante se tourne chez les Éléphants. Nommé définitivement en février 2024 après avoir remporté la CAN à domicile en prenant la succession de Jean-Louis Gasset en cours de tournoi, Emerse Faé ne prolongera pas son contrat arrivé à échéance. Malgré un bilan historique, la Fédération ivoirienne doit désormais lui trouver un successeur. Voici nos 5 propositions.
Le technicien de 42 ans quitte son poste après avoir remporté la CAN 2023 puis conduit la Côte d’Ivoire en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, une première dans l’histoire du pays. Mais qui lui succèdera ?
Faé laisse une sélection en bon état
Les Éléphants ont certes été éliminés par la Norvège dès leur premier match à élimination directe, mais Faé transmet un effectif particulièrement jeune et talentueux. Yan Diomandé, Amad Diallo, Bazoumana Touré, Ousmane Diomandé ou encore Christ Inao Oulaï incarnent une génération appelée à progresser.
Son départ n’en reste pas moins entouré d’interrogations. Selon quelques rumeurs relayées par un journaliste nommé Magate, le ministère des Sports aurait poussé en faveur d’une séparation malgré la volonté du président de la FIF, Idriss Diallo, de le conserver. Les rumeurs de conflits d’intérêts impliquant son épouse, agente de joueurs, auraient nourri un climat de suspicion autour de la sélection. Le jeu jugé trop prudent pendant le Mondial et l’élimination face à la Norvège auraient également pesé.
Ces accusations et explications restent toutefois à attribuer à leur source, la FIF ayant simplement officialisé la fin de la collaboration.
Le calendrier complique également le choix du prochain sélectionneur. La Fédération ivoirienne se prépare à des échéances électorales internes et la future direction voudra probablement peser sur cette décision. Faé aurait ainsi préféré partir plutôt que d’accepter une prolongation courte faisant office de solution d’attente.
Kolo Touré, le pari de la continuité locale
Si la Côte d’Ivoire souhaite rester fidèle à un entraîneur ivoirien, Kolo Touré apparaît comme l’un des candidats les plus naturels.
Avec 120 sélections entre 2000 et 2015, l’ancien défenseur possède une immense crédibilité auprès des joueurs et connaît parfaitement l’environnement des Éléphants. Il a d’ailleurs brièvement intégré le staff de la sélection en 2017.
Depuis la fin de sa carrière, il s’est formé auprès de techniciens reconnus. Il a travaillé avec Brendan Rodgers au Celtic puis à Leicester, avant de rejoindre cette saison l’encadrement de Pep Guardiola à Manchester City.
Son principal handicap demeure son unique expérience comme entraîneur principal, qui a été désastreuse. Nommé à Wigan en 2022, il avait été licencié après neuf matchs sans victoire. Kolo Touré représenterait donc un pari séduisant sur le plan symbolique, mais particulièrement risqué sportivement.
Yaya Touré, un rêve compliqué par le timing
Le nom de son frère Yaya Touré circule également. Comme son aîné, l’ancien milieu de Manchester City a progressivement construit son parcours d’entraîneur depuis sa retraite.
Il est passé par l’Olimpik Donetsk, l’académie de Tottenham, le Standard de Liège puis la sélection saoudienne comme adjoint de son mentor Roberto Mancini. Il cite également son ancien coach du Barça Frank Rijkaard en plus de l’Italien parmi ses principales influences, le premier pour son exigence tactique et le second pour sa passion et l’intensité de son travail.
Mais l’ancien taulier du milieu de terrain vient tout juste d’obtenir son premier poste de numéro un au Slovan Bratislava, en Slovaquie, avec lequel il s’est engagé pour trois ans. Il paraît difficile de l’imaginer abandonner ce projet après seulement quelques semaines.
Par ailleurs, l’idée de voir les deux frères Touré réunis à la tête des Éléphants ferait rêver, mais elle semble pour le moment davantage relever du fantasme que d’une option concrète.
Éric Chelle, un profil déjà très courtisé
Éric Chelle présente un profil plus expérimenté sur un banc.
Né à Abidjan, le technicien franco-malien a mené le Mali jusqu’en quarts de finale de la CAN 2023, avant de prendre les commandes du Nigeria en janvier 2025. Malgré l’échec face à la RDC lors des barrages du Mondial, il a redressé les Super Eagles et les a conduits à la troisième place de la CAN.
Sa capacité à gérer des cadres comme Victor Osimhen ou Ademola Lookman, son approche offensive et sa connaissance du continent constituent de vrais atouts. Il connaît également le championnat algérien après son passage au MC Oran.
La difficulté est contractuelle. Chelle vient de prolonger avec le Nigeria, avec une importante revalorisation salariale et des responsabilités élargies aux sélections de jeunes. L’Algérie aurait également pris contact avec lui selon Foot Mercato. Pour la Côte d’Ivoire, le convaincre nécessiterait donc un effort important.
Walid Regragui, l’option prestigieuse
Libre depuis son départ du Maroc en mars, Walid Regragui ferait logiquement partie des profils capables d’intéresser la FIF.
Demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 puis champion d’Afrique en 2025, le Franco-Marocain possède une expérience rare des grands rendez-vous. Son pragmatisme, sa connaissance des binationaux et sa capacité à créer une forte cohésion correspondent aux besoins ivoiriens.
Reste à savoir s’il souhaite reprendre immédiatement une sélection africaine après une aventure aussi intense avec les Lions de l’Atlas. Depuis son départ, Regragui est resté discret même si son nom a circulé au Pyramids FC et jusqu’en Équateur.
Son salaire ne constituerait pas nécessairement un obstacle insurmontable : Emerse Faé aurait d’ailleurs été mieux rémunéré que lui lors de la dernière CAN. Mais l’envie du technicien sera déterminante.
Hervé Renard, le retour le plus évident ?
Le favori pourrait finalement être Hervé Renard.
Selon le journaliste britannique Pete O’Rourke, le Français serait déjà positionné pour revenir à la tête de la Côte d’Ivoire. Romain Molina affirme de son côté qu’il bénéficierait du soutien d’Idriss Diallo.
Le choix aurait une cohérence évidente. Renard connaît bien la sélection pour l’avoir menée au titre continental en 2015. Depuis, il a dirigé le Maroc, l’Arabie saoudite à deux reprises, l’équipe de France féminine puis brièvement la Tunisie pendant la Coupe du monde 2026.
Son expérience, son aura et sa connaissance des contextes africains en feraient une solution immédiatement crédible. Mais il est également convoité par l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Sénégal et la Corée du Sud.
La Côte d’Ivoire dispose donc de plusieurs pistes très différentes. La FIF devra surtout décider si elle veut prolonger l’héritage de Faé ou ouvrir un cycle entièrement nouveau.




