Andy Roddick a désigné le match du troisième tour entre Alex Eala et Iva Jovic comme l’un de ses moments préférés de l’édition 2026 de l’US Open.
L’ancien numéro un mondial a assisté, sur le court Arthur-Ashe, au long combat de trois heures livré par les deux jeunes joueuses. Iva Jovic s’est finalement imposée 7-5, 3-6, 7-5.
Il s’agissait de leur troisième confrontation de la saison. L’Américaine de 18 ans avait déjà battu Eala en deux sets à Roland-Garros et au Queen’s Club, mais leur duel new-yorkais a été bien plus disputé.
Eala menait 4-2, 30-0 dans la manche décisive, avant que Jovic ne trouve les ressources pour revenir. L’Américaine a remporté cinq des six derniers jeux et s’est qualifiée pour les huitièmes de finale, où Coco Gauff a mis fin à son parcours.
Pour Roddick, ce match ne s’est pas résumé à la victoire de Jovic. Il a notamment souligné la manière dont les deux joueuses ont géré la pression du grand court, le public et leurs émotions après le dernier point.
Roddick séduit par la prestation d’Eala et de Jovic
Dans son podcast Served, enregistré après le tournoi, Roddick a expliqué que cette rencontre figurait parmi les moments qu’il avait le plus appréciés durant la première semaine.
« Vous savez quel match a été l’un de mes préférés de tout le tournoi ? Eala-Jovic. Est-ce que vous voulez voir deux espoirs capables, un jour, d’atteindre les derniers tours d’un tournoi du Grand Chelem ? Oui.
Est-ce que vous voulez les voir disputer leur première grande session nocturne sur un court prestigieux et les laisser assumer ce moment ? C’est fait. Est-ce que vous voulez qu’elles se montrent fair-play, élégantes et qu’elles se battent jusqu’au bout ? C’est fait. Est-ce que nous voulons accroître leur notoriété pour faire émerger des superstars dans ce sport ? Oui.
Est-ce que vous voulez voir l’une rester humble après sa victoire et l’autre être anéantie par la défaite, mais de la bonne manière, avant de tout de même aller prendre sa rivale dans ses bras ? Oui. Elles se sont rendu un immense service. C’était probablement mon moment préféré de la première semaine. »
Cette rencontre avait également une saveur particulière, les deux joueuses se connaissant très bien en dehors des courts.
Avant le match, Jovic avait insisté sur le fait que leur amitié ne les empêchait pas de se livrer pleinement à la compétition.
« Évidemment, il est très difficile d’être amies tout en étant adversaires. Mais plusieurs joueuses, notamment parmi les plus jeunes, sont très ouvertes à cette idée. Elles veulent passer un bon moment et nouer des amitiés.
Ensuite, sur le court, tout est permis : la gagnante emporte tout, et nous donnons tout ce que nous avons. Alex fait clairement partie de ces personnes avec lesquelles nous savons mettre cela de côté, tout en conservant une très belle relation. »
Eala avait tenu des propos similaires avant la rencontre, qualifiant Jovic de « joueuse incroyable », tout en rappelant que l’Américaine lui avait déjà posé de sérieux problèmes plus tôt dans la saison.
Une rivalité appelée à durer ?
Le niveau affiché lors de leur match à l’US Open contrastait également avec celui de leurs deux premières confrontations.
À Roland-Garros, Jovic avait dominé la Philippine 6-4, 6-2 au premier tour, avant de s’imposer 6-2, 6-2 au Queen’s Club. À New York, Eala l’a poussée dans ses retranchements et est passée tout près de décrocher la première victoire de leur rivalité.
Après la rencontre, Jovic a reconnu la difficulté du combat.
« Cela ressemblait à un marathon, et j’ai eu l’impression de perdre la raison cinq fois avant de réussir à gagner ce match. Mais cette sensation en vaut vraiment la peine. »
L’Américaine a terminé la rencontre avec 44 coups gagnants et 27 fautes directes, contre 34 coups gagnants et 33 fautes directes pour Eala. Les deux joueuses ont également signé 17 breaks au cours des 33 jeux disputés.
En 2026, les deux jeunes talents ont franchi un cap important. Jovic a atteint pour la première fois les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem à l’Open d’Australie, avant de rejoindre également les huitièmes de finale à Wimbledon. Elle occupe désormais le 16e rang mondial.
Eala réalise elle aussi la meilleure saison de sa carrière. La joueuse de 21 ans a remporté son premier titre WTA à Washington, atteint les huitièmes de finale à Wimbledon et pointe actuellement au 18e rang du classement.
La Philippine est également devenue l’une des jeunes joueuses les plus suivies du circuit WTA. De nombreux supporters venus des Philippines assistent à ses matchs aux quatre coins du monde.
Jovic bénéficie peut-être d’une notoriété internationale moindre, mais ses résultats lui permettent de rester légèrement devant Eala au classement.
Leur amitié est restée évidente, y compris après leurs matchs les plus difficiles. À la suite de leur duel à Roland-Garros, Jovic avait écrit qu’il s’agissait de l’un de ces jours où elle aurait aimé qu’il puisse y avoir deux gagnantes. Eala lui avait répondu qu’il n’y avait personne avec qui elle aurait préféré partager le court.
Roddick estime désormais que les deux jeunes joueuses possèdent toutes les qualités pour fréquenter régulièrement les derniers tours des tournois du Grand Chelem. Après leur duel new-yorkais, une nouvelle confrontation entre Eala et Jovic devrait susciter un vif intérêt.




