Pour sa sixième saison en NBA, Cade Cunningham éprouve une sensation paradoxale : celle de redevenir un « rookie ». Pas en raison d’un manque d’expérience, mais parce que le meneur All-Star va devoir relever un nouveau défi après la meilleure saison de sa carrière.
Sélectionné dans la All-NBA First Team, une première pour un joueur des Pistons depuis Grant Hill en 1997, le meneur de Detroit a également terminé parmi les cinq premiers du scrutin pour le trophée de MVP. Sous son impulsion, Detroit a remporté 60 matchs et terminé avec le meilleur bilan de la conférence Est, avant d’échouer à une victoire de la finale de conférence.
Après une progression aussi spectaculaire, les Pistons ne surprendront plus personne. Cade Cunningham en a conscience et a adapté sa préparation estivale en conséquence.
« Je suis impatient. Cette attente vous rend un peu nerveux et vous donne envie de reprendre, de retrouver le ballon et de jouer », a-t-il confié au Detroit Free Press. « J’ai un peu l’impression d’être à nouveau un rookie, comme si j’entrais dans quelque chose de nouveau. Cela génère de l’excitation et de la nervosité. J’ai le meilleur métier du monde et je suis impatient de recommencer. »
Une préparation marquée par sa grave blessure
Son travail estival a notamment été influencé par la grave blessure subie le 17 mars dernier face aux Wizards. A la suite d’un choc, Cade Cunningham avait été victime d’une fracture d’une côte et d’une perforation du poumon gauche.
Contraint au repos, il avait manqué onze rencontres avant de revenir pour les trois derniers matchs de la saison régulière. Une dérogation pour circonstances exceptionnelles lui avait ensuite permis de rester éligible aux récompenses individuelles. Cet épisode l’a convaincu de renforcer davantage le haut du corps, avec de nombreux exercices de gainage.
« Il faut travailler sous tous les angles : les obliques, le haut et le bas des abdominaux, absolument tout », a-t-il expliqué. « C’est utile pour le tir, le dribble, les changements de direction ou le sprint. Avoir un tronc solide est probablement l’une des choses les plus importantes pour un athlète. Cette blessure m’a rappelé que je devais vraiment insister là-dessus. »
À l’épreuve de l’altitude
Cade Cunningham a également choisi les montagnes du Colorado pour améliorer son endurance. Accompagné de Ron Holland, il a multiplié les randonnées et les séances de course en altitude, là où le manque d’oxygène sollicite davantage le cœur et les poumons.
« L’air est plus rare, donc il ne faut pas grand-chose pour commencer à travailler », a-t-il poursuivi. « Mais l’aspect est surtout mental. Les effets physiques de l’altitude disparaissent rapidement lorsqu’on redescend, mais on développe la capacité mentale à continuer de travailler alors que l’on manque d’oxygène. Cet aspect est souvent sous-estimé. »
Une manière de préparer son corps à une nouvelle saison particulièrement exigeante, alors que Cade Cunningham devrait encore assumer l’une des charges de travail les plus importantes de NBA.
« L’impression de redevenir un rookie »
Le meneur devra aussi s’adapter à un vestiaire remanié. Les départs de Tobias Harris vers San Antonio et surtout d’Isaiah Stewart vers Memphis l’ont marqué. Désormais, Cade Cunningham est même le joueur le plus «ancien» de l’effectif des Pistons.
« C’est difficile. Stew est mon frère et je pensais jouer avec lui pendant toute ma carrière », a-t-il reconnu. « Ne plus l’avoir avec moi est étrange. C’est aussi pour cela que j’ai l’impression de redevenir un rookie et d’entrer dans quelque chose de nouveau. Mais il restera mon frère pour la vie. C’est quelqu’un que j’inviterai à mon mariage. »
Detroit compte sur John Collins et Isaiah Joe pour compenser ces départs. Le premier apportera ses qualités athlétiques, sa dureté et sa polyvalence, tandis que le second doit offrir une nouvelle menace extérieure aux côtés de Duncan Robinson.
Avant même l’ouverture du « training camp », Cade Cunningham a réuni ses coéquipiers à San Diego afin de commencer à créer des automatismes avec les nouveaux venus.
« Le public nous regarde peut-être différemment, mais j’ai toujours eu le sentiment d’être un prétendant au titre », a-t-il conclu. « Dès mon année rookie, je pensais pouvoir nous conduire jusqu’en finale de conférence. J’ai toujours cru en moi de cette façon. J’entends encore beaucoup de doutes à notre sujet, mais je m’en fiche. J’ai simplement hâte de faire ce que je sais faire et d’aider mon équipe à gagner. »




