Comme Les Trois Mousquetaires qui étaient quatre, le
carré magique de l’équipe de France de Michel Platini des années 80
sont au nombre de cinq. Avec Michel Platini en numéro 10 vedette et
légendaire (avec ses trois Ballon d’Or de suite) ainsi que les
leaders Jean Tigana, Alain Giresse et Luis Fernandez, les Bleus ont
remporté l’Euro 84 au Parc des Princes – pour le premier sacre
collectif de la France – avant de se hisser en demi-finales de la
Coupe du monde 86 en éliminant le Brésil. Et Bernard Genghini dans
tout ça ?
Genghini, qui tête ses 67 ans, a été un milieu offensif de grand
talent, au pied gauche détonnant, qui a fait les beaux jours durant
de longues années du FC Sochaux-Montbéliard (1976-1982), lui le
natif du Haut-Rhin. Il mène les pensionnaires du Stade Bonal à la
deuxième place de la D1 hexagonale en 1980 et jusqu’en demi-finales
de la Coupe de l’UEFA 1980-1981 ! « À Sochaux, c’était un régal
de le voir jouer », s’enflamme Luis Fernandez, son adversaire
sur les pelouses de D1. L’Italien d’origine est alors dans le
viseur de l’Inter Milan !
Genghini et « son pied gauche magique »
Nous voilà à la Coupe du monde 82. « Si l’on refait
l’histoire, je pense que d’abord c’était un trio magique avec Alain
Giresse, Bernard Genghini et moi », a un jour affirmé Michel
Platini. Sans « Platoche », Genghini inscrit un superbe coup franc
contre l’Autriche (1-0), lors du deuxième tour, propulsant les
Tricolores sur la route du dernier carré. « Sa qualité tient à
sa technicité et à son pied gauche magique. On peut voir, avec les
coups de pied arrêtés, qu’il n’avait pas de problème avec le
ballon. C’est le genre de joueurs qui respirent le football des
pieds à la tête », témoigne Giresse, comme le rapporte les
Cahiers du football.
Le magnifique entrejeu est donc surnommé « le carré magique »,
mais, avec l’émergence de l’intenable Luis Fernandez avant l’Euro
84, Bernard Genghini rentre dans le rang. En club, il ne s’impose
pas comme le successeur de Platini à Saint-Etienne, mais brille à
Monaco et l’OM, à chaque fois en ratant le titre de champion de
France (1984 et 1987). Avant de retrouver l’anonymat dans son
Alsace natale puis d’être un dirigeant (discret) de Sochaux. La
popularité du feu-follet s’éteint. Il estime qu’il aurait pu «
faire mieux » et que, « si c’était à refaire », il
prendrait « plus de temps pour mûrir [ses] choix ».




