Voter pour le Ballon d’Or est une
mission qui peut parfois s’avérer risquée, comme le raconte le juré
sénégalais de l’édition 2018.
Comme dans tout classement, il faut bien un dernier. Et pour ce
Ballon d’Or 2026, cela restera
Sadio Mané. S’il faudra attendre samedi et la publication du détail
des votes dans le magazine France Football pour savoir
s’il a obtenu un ou plusieurs points, l’attaquant d’Al-Nassr a en
tout cas terminé 29e de cette 70e édition du
prestigieux trophée, ex-aequo avec William Saliba.
Le top 10 établi par le juré sénégalais sera, à n’en pas douter,
commenté par ses compatriotes, qui doivent forcément être déçus de
voir le meilleur joueur de la CAN 2025 à cette place. Reste à
savoir s’ils seront aussi virulents avec le journaliste chargé du
vote qu’il y a huit ans, quand Aliou Goloko avait commis l’erreur
de ne pas soutenir suffisamment la star des Lions de la
Teranga.
Dans son livre La face cachée du Ballon d’Or, récemment
paru aux éditions Albin Michel, Pascal Ferré revient sur ce Ballon
d’Or 2018, lorsque le juré sénégalais de l’époque n’avait classé
Sadio Mané que cinquième au lieu de le mettre en tête.
« Il a dû faire face à une vague de critiques
virulentes, écrit-il. Interpellations publiques, messages
privés, soupçons de partialité inversée. »
Le juré sénégalais du Ballon d’Or menacé et insulté
« J’ai été victime d’un vrai lynchage public pendant
quelques jours, notamment sur les réseaux, témoigne
l’ex-membre du jury. J’étais le mauvais Africain, celui qui ne
soutenait pas ses frères. On me disait: ‘Les Européens votent pour
les Européens, les Sud-Américains votent aussi pour les leurs.
Alors pourquoi les Africains ne font pas pareil ?’ » Et
les choses sont allées assez loin.
« Il y a eu des menaces, des insultes. J’ai été obligé
d’aller me défendre sur les plateaux de TV, pour expliquer la part
de subjectivité mais aussi d’indépendance du votant »,
confie Aliou Goloko. À qui l’ancien joueur de Liverpool ne s’est
jamais plaint. « Preuve, s’il en fallait une, que la
pression vient moins des acteurs que de leurs
ventriloques », note l’auteur et ancien directeur de
France Football.













