Triple lauréat du Ballon d’Or en
1983, 1984 et 1985, Michel Platini a joué un rôle majeur dans
l’évolution du prestigieux trophée.
On a parfois tendance à l’oublier mais derrière Lionel Messi et
Cristiano Ronaldo, les deux joueurs les plus titrés dans l’histoire
du Ballon d’Or (huit pour l’Argentin, cinq pour le Portugais), il y
a Michel Platini. L’ancien meneur de jeu des Bleus figure, avec
Johan Cruyff et Marco van Basten, sur le podium des lauréats les
plus couronnés, avec trois sacres consécutifs en 1983, 1984 et
1985. À une époque où, certes, seuls les footballeurs européens
pouvaient l’emporter.
Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle
« Platoche » (71 ans) tient une place à part dans la
légende de ce prestigieux prix. C’est lui qui, le premier, a
soulevé le trophée sous sa forme actuelle. Dans son livre La
face cachée du Ballon d’Or, publié aux éditions Albin Michel,
Pascal Ferré raconte que l’ex-numéro 10 de la Juventus trouvait
l’ancien Ballon d’Or, un petit ballon posé sur un socle,
« trop étriqué » et a donc demandé à France
Football de le changer en 1983.
Michel Platini longtemps fâché avec le Ballon d’Or
C’est ainsi que le magazine, créateur de la récompense, a donné
naissance au Ballon d’Or tel qu’on le connaît aujourd’hui, d’un
gabarit plus imposant d’environ 12 kg avec son pied en pyrite. Un
trophée avec lequel Michel Platini a longtemps entretenu une
relation conflictuelle. « Depuis 1977, il nourrit une
blessure secrète: il reste persuadé que Jacques Ferran l’a
privé d’un Ballon d’Or cette année-là en ne le positionnant pas à
la première place », écrit l’ancien directeur de
FF.
Une accusation que Pascal Ferré réfute. « Même avec un
vote différent, cela n’aurait rien changé. Mais Platoche (…),
restera fâché longtemps avec les patrons de France
Football », poursuit-il. À tel point qu’en 1984, le natif
de Jœuf a refusé qu’une cérémonie soit organisée en son honneur,
son prix lui ayant été remis discrètement au musée Grévin lors de
l’inauguration de sa statue de cire. « Il l’a pris… et ne
m’a même pas remercié », se souviendra le regretté
Jacques Ferran.













