Aryna Sabalenka avait débuté 2026 dans la peau de la joueuse à battre sur le circuit WTA.
La Biélorusse avait remporté le tournoi de Brisbane, atteint la finale de l’Open d’Australie, puis réalisé le « Sunshine Double » en s’adjugeant les titres à Indian Wells et à Miami.
La deuxième partie de la saison s’est révélée nettement plus compliquée. Sabalenka n’a plus atteint la moindre finale sur terre battue ou sur gazon, s’est inclinée en quarts de finale à Roland-Garros, puis a été éliminée au quatrième tour de Wimbledon. Son retour sur dur n’a pas immédiatement réglé ses problèmes : la numéro 1 mondiale n’a pas réussi à atteindre les quarts de finale à Toronto ni à Cincinnati.
Sabalenka a reconnu que cette période difficile l’avait affectée aussi bien physiquement que mentalement. Avant son retour à Toronto, elle avait expliqué avoir eu besoin de prendre du recul après Wimbledon et vouloir à nouveau simplifier son tennis.
“I suffered during the summer swing a lot like with my body, with mentally also a little bit,” a-t-elle déclaré.
Âgée de 28 ans, la joueuse a également reconnu à Cincinnati que les attentes élevées étaient devenues une partie du problème. Elle voulait absolument briller dans les plus grands tournois et, lorsque les choses ne se déroulaient pas comme prévu, la déception s’accumulait. Depuis, elle cherche à réduire cette pression et à se concentrer davantage sur le fait de disputer les matches, de se battre et de retrouver le plaisir de jouer.
L’US Open constitue donc un test important. Sabalenka est la tenante du titre à New York, mais elle y arrive sans la forme qui lui avait permis de dominer le circuit au début de l’année.
Petchey conseille à Sabalenka de s’inspirer de Djokovic
Il est difficile d’imaginer une personne plus expérimentée que Novak Djokovic aux côtés de Sabalenka cette semaine. Les deux amis disputent le double mixte ensemble à l’US Open et affronteront Katerina Siniakova et Henry Patten au premier tour.
L’ancien joueur et entraîneur britannique Mark Petchey estime que Sabalenka devrait profiter de cette occasion pour bien plus qu’un simple entraînement en double. Invité du podcast The Big T Podcast, il a insisté sur l’intérêt pour elle de s’asseoir avec Djokovic et de lui demander comment il avait traversé les périodes les plus difficiles de sa carrière.
“She is playing with Novak in the mixed, and that would be my thing. Go and chat to Novak, go for dinner,” a déclaré Petchey.
“Go and talk to him about his toughest moments and go and talk to him about how he got out of those moments.
Go to somebody who has been where you have been and where you are and go and figure it out.”
Petchey ne pense pas que Sabalenka ait un problème majeur en matière de niveau de jeu. Selon lui, la véritable interrogation concerne plutôt sa tendance à paniquer dans certaines situations lorsque les matches se compliquent.
“You are good enough; there is no question about it. You know how to win this tournament. What is it that is going on in your mind that is making you, in certain situations in a set, panic like we have not seen you panic?”
L’ancien entraîneur d’Emma Raducanu estime également que Sabalenka doit résister à la tentation d’opérer de grands changements techniques. Il souhaite au contraire la voir revenir aux schémas simples qui ont fait d’elle l’une des joueuses les plus dangereuses du tennis féminin.
“I would keep it very simple. There would be no knee-jerk reaction,” a expliqué Petchey, avant de conclure une nouvelle fois avec le même conseil : “I would just go for dinner with Novak!”
Sabalenka a déjà identifié son problème mental
Les propos de Petchey sont particulièrement intéressants, car Sabalenka a elle-même évoqué des difficultés très similaires cette saison.
Son quart de finale à Roland-Garros contre Diana Shnaider en a probablement été l’exemple le plus frappant. Sabalenka menait 6-3, 4-1 avant de perdre dix jeux consécutifs et le match. Après la rencontre, elle avait reconnu : “I guess mentally I got into a very deep, dark hole over there.”
Elle avait également expliqué que le fait de trop réfléchir pouvait rapidement entraîner des erreurs faciles, des occasions manquées et permettre à son adversaire de jouer avec davantage de liberté. Après cette défaite, Sabalenka avait indiqué qu’elle devait comprendre ce qui se passait dans sa tête lors de ces moments difficiles.
Plus récemment, elle a choisi de revenir à l’essentiel. Pendant la tournée nord-américaine sur dur, elle a répété à plusieurs reprises vouloir repartir « de zéro », reconstruire d’abord sa confiance depuis la ligne de fond, puis réintroduire progressivement les variations devenues une composante plus importante de son jeu.
Cette approche correspond largement à ce que recommande Petchey. Sabalenka n’a pas besoin d’inventer un nouveau tennis avant de se rendre à New York. Elle a déjà remporté le tournoi et démontré que son meilleur niveau reste suffisant pour battre n’importe quelle adversaire.
Le défi consiste désormais à retrouver ce niveau lorsque la pression augmente. Djokovic s’y emploie depuis deux décennies dans les matches de Grand Chelem, ce qui explique pourquoi Petchey pense qu’un dîner et une longue conversation avec le champion aux 24 titres majeurs pourraient être utiles. Sabalenka a désormais l’occasion d’écouter, de repartir sur de nouvelles bases et de voir si elle peut transformer ces derniers mois difficiles en un nouveau parcours de premier plan à l’US Open.




