Longtemps menacé, le match amical entre l’Argentine et le Burkina Faso aura finalement bien lieu ce samedi à Buenos Aires. Mais les Étalons vont arriver en Argentine quelques heures seulement avant le coup d’envoi et avec un groupe largement remanié, renforcé par plusieurs joueurs de la sélection A’.
Ils vont finalement traverser l’Atlantique. Après plusieurs jours d’incertitude et un véritable imbroglio autour de leur voyage, les Étalons ont quitté Casablanca à bord d’un vol spécial à destination de Buenos Aires, où ils doivent défier l’Argentine au Monumental. La délégation est attendue aux alentours de 13h-13h30 heure locale, alors que le coup d’envoi sera donné à 21h. Autrement dit, Amir Abdou et ses hommes disposeront de moins de huit heures entre leur arrivée en Argentine et le début du match !
Des joueurs de l’équipe A’ appelés à la rescousse
Comme si ces conditions n’étaient pas suffisamment compliquées, le Burkina Faso se présentera sans plusieurs de ses cadres.
La Fédération burkinabè a annoncé que plusieurs joueurs de la sélection A’ avaient été appelés en urgence pour compléter le groupe. Une équipe forcément inhabituelle devrait donc se présenter face aux vice-champions du monde.
Les joueurs pourraient arriver avec une sacrée fatigue accumulée. Les Burkinabè sortent de deux matchs des éliminatoires de la CAN 2027 contre le Bénin (1-1) à Ouagadougou puis la Centrafrique (victoire 1-0) à Casablanca, avant ce voyage de près de douze heures vers l’Amérique du Sud.
Une préparation pour le moins éloignée de l’idéal avant d’affronter l’Albiceleste.
Deux tentatives de départ avortées
Le scénario était encore plus chaotique ces derniers jours. Alors que les Étalons devaient rallier tranquillement Buenos Aires après leur match contre la Centrafrique, leur départ a été repoussé à plusieurs reprises.
La Fédération burkinabè a évoqué l’annulation sans préavis du vol initialement programmé le 30 septembre. À deux reprises, les joueurs avaient préparé leurs affaires pour quitter leur hôtel avant de devoir rebrousser chemin. La rencontre s’est alors retrouvée sérieusement menacée.
La tension était telle que les joueurs avaient même refusé une séance d’entraînement souhaitée par Amir Abdou.
Les conditions proposées par l’Argentine pointées du doigt
Et l’affaire dépasse le simple problème de vol.
Selon les informations du journaliste Romain Molina, l’Association du football argentin (AFA) a mandaté une société spécialisée pour organiser plusieurs de ses rencontres face à des sélections africaines. L’accord prévoirait notamment la prise en charge du voyage, de l’hébergement et des frais de la délégation adverse, mais aucune prime de participation ni partage des revenus générés par le match.
Billetterie, droits télévisés, sponsoring : les recettes resteraient ainsi du côté argentin. Un modèle déjà utilisé lors d’un précédent amical contre la Mauritanie et critiquable à bien des égards. L’Argentine fait donc de son prestige sportif un business, face à des sélections africaines de niveau modeste dont elle sait qu’elles saisiront l’occasion de jouer contre elle.
Pour le Burkina Faso, ce “prestige” aura finalement pris le dessus. Amir Abdou avait d’ailleurs prévenu ses joueurs avant ce déplacement : affronter l’Argentine à Buenos Aires pourrait être une occasion unique dans leur carrière. Mais à quel prix ?
Reste désormais à savoir dans quel état physique les Étalons débarqueront au Monumental après un périple aussi mouvementé…














