La RD Congo n’a jamais été aussi proche d’un immense exploit. Qualifiés pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 après leur succès décisif contre l’Ouzbékistan, les Léopards défieront désormais l’Angleterre avec l’ambition de poursuivre leur aventure. Mais avant ce rendez-vous historique, un débat anime les supporters congolais : Cédric Bakambu doit-il encore être titulaire ?
À 35 ans, l’attaquant arrivé en fin de contrat mardi au Betis dispute probablement sa première et sa dernière Coupe du monde. Pourtant, après trois matchs, “Bakagoal” court toujours après son premier but dans la compétition.
Le vent semble tourner
Le bilan de Bakambu est contrasté depuis le début du tournoi.
Face au Portugal (1-1), il avait réalisé une prestation encourageante malgré son manque de réussite. Très actif (24 ballons touchés), il avait notamment trouvé le poteau et pesé constamment sur la défense lusitanienne.
En revanche, ses performances contre la Colombie (15 ballons touchés) puis l’Ouzbékistan (10 ballons touchés) ont laissé davantage de frustration. Peu trouvé, moins influent dans le jeu et rarement dangereux devant le but, l’ancien joueur de Villarreal traverse une période délicate.
Pendant ce temps, Fiston Mayele a marqué de précieux points. Entré en jeu à la place de Bakambu contre l’Ouzbékistan, l’attaquant a livré une excellente prestation, récompensée par un but qui a largement contribué à envoyer les Léopards en phase à élimination directe.
Depuis, nombreux sont les supporters qui réclament sa titularisation face aux Three Lions.
Une figure respectée… mais discutée
Le cas Bakambu (73 sélections, 21 buts) dépasse largement le simple aspect sportif.
Lorsqu’il choisit la RDC en 2015, l’attaquant est accueilli comme une immense recrue. Après un temps d’adaptation, il répond aux attentes en inscrivant des buts importants sous le maillot des Léopards. Au fil des années, son rôle dépasse même le terrain.
Très impliqué dans le projet de la sélection, il participe activement à convaincre plusieurs binationaux de rejoindre la RDC et devient l’un des leaders naturels du vestiaire.
Cette implication lui vaut encore aujourd’hui le soutien de ses coéquipiers, conscients de tout ce qu’il a apporté au football congolais.
Mais avec le temps, sa relation avec une partie des supporters est devenue plus complexe. Entre reconnaissance pour son parcours et impatience face à son rendement actuel, Bakambu entretient désormais une relation douce-amère avec le public.
Desabre doit-il changer son attaque ?
Le sélectionneur dispose aujourd’hui de plusieurs options.
Yoane Wissa semble intouchable après son excellente Coupe du monde, ponctuée notamment par le premier but de l’histoire de la RDC dans la compétition et son doublé contre l’Ouzbékistan. Reste à savoir qui l’accompagnera.
Mayele apporte un vrai point d’appui, un jeu dos au but précieux et une capacité à fixer les défenseurs centraux. Simon Banza représente également une alternative crédible grâce à sa puissance et son efficacité devant le but.
À l’inverse, Bakambu conserve un atout majeur : son expérience des grands rendez-vous. Il n’a toujours pas marqué dans ce Mondial, mais rêve de débloquer enfin son compteur… tout en se rapprochant du record de Dieumerci Mbokani (22 buts) sous le maillot des Léopards.
Le choix de Sébastien Desabre pourrait donc être autant symbolique que sportif. Faut-il s’appuyer sur un cadre historique, ou récompenser la dynamique incarnée par Fiston Mayele ? À quelques heures du match le plus important de l’histoire récente du football congolais, le dilemme est total.




