Le nouveau documentaire consacré à Novak Djokovic, The Wolf in Winter, suscite déjà de nombreuses réactions chez les fans de tennis. Mais un détail a particulièrement surpris le journaliste Ben Rothenberg.
Réalisé par Jason Hehir, le film revient sur la vie et la carrière de Djokovic, tout en consacrant une partie à l’Open d’Australie 2025. Une période particulière, puisque Andy Murray, l’un des plus grands rivaux de Djokovic pendant de nombreuses années, venait alors de devenir son entraîneur.
Nés à seulement une semaine d’intervalle, Murray et Djokovic s’étaient rencontrés pour la première fois chez les juniors. Ils se sont ensuite affrontés à 36 reprises sur le circuit ATP, dont sept finales de Grand Chelem. Djokovic a remporté 25 de ces confrontations. Murray l’a toutefois battu dans deux des matches les plus importants de sa carrière : la finale de l’US Open 2012 et celle de Wimbledon 2013.
Cette longue histoire a fait de leur association l’une des intrigues les plus marquantes de la saison 2025. C’est aussi ce qui explique la surprise de Rothenberg face à la place infime accordée à Murray dans le documentaire.
Rothenberg révèle que Murray ignorait avoir été écarté du documentaire
Dans sa critique de The Wolf in Winter, Rothenberg a souligné que le Britannique de 39 ans apparaissait à peine et n’était jamais véritablement entendu dans le film, alors même que le documentaire revenait sur l’Open d’Australie 2025.
Le journaliste américain a ensuite révélé un autre élément surprenant. Après avoir assisté à une projection en avant-première, il a rencontré Murray à Washington et lui a demandé si l’ancien numéro 1 mondial avait choisi de ne pas participer au projet.
Selon Rothenberg, Murray ignorait qu’il avait finalement été quasiment exclu du montage. L’équipe de production l’avait pourtant interrogé pendant environ une heure, ce qui signifie que des séquences exploitables étaient clairement disponibles.
La décision n’en est que plus étonnante. Murray n’était pas simplement un ancien rival présent aux côtés de Djokovic à ce moment-là : il faisait partie de l’équipe du Serbe à Melbourne et se trouvait dans la box du joueur lors de l’un de ses parcours les plus commentés dans le tournoi.
Leur collaboration avait débuté en novembre 2024, quelques mois seulement après la fin de la carrière de joueur de Murray. Avec le Britannique à ses côtés, Djokovic avait atteint les demi-finales de l’Open d’Australie et signé l’une de ses plus belles victoires de la saison en dominant Carlos Alcaraz en quarts de finale.
Murray a par la suite reconnu que cette expérience d’entraîneur auprès de Djokovic avait été plus exigeante qu’il ne l’avait imaginé.
“I enjoyed certain parts of it,” he said. “I enjoyed the matches. I liked sitting at the side watching matches from a different perspective.”
Le triple vainqueur en Grand Chelem a également expliqué avoir apprécié la préparation tactique et l’analyse des adversaires, tout en estimant avoir consacré trop de temps au travail effectué en dehors des courts.
“It was a good experience that I learned a lot from, but I found it hard, found it demanding,” he said.
Djokovic et Murray sont restés en bons termes après leur séparation
Leur collaboration n’aura finalement pas duré très longtemps. Djokovic et Murray ont mis fin à leur association en mai 2025, après environ six mois de travail commun.
Aucune dispute publique n’a opposé les deux hommes. Djokovic avait expliqué qu’ils étaient simplement arrivés à un point où ils estimaient ne plus pouvoir tirer davantage de leur partenariat sur le court.
“Thank you, coach Andy, for all the hard work, fun & support over last six months on & off the court. I really enjoyed deepening our friendship together,” Djokovic said after the split.
L’ancien numéro 1 mondial s’était lui aussi montré reconnaissant pour cette opportunité, qu’il avait qualifiée d’“unbelievable opportunity”, tout en souhaitant à Djokovic le meilleur pour la suite de la saison.
La relation entre les deux hommes remonte bien plus loin que ces six mois de collaboration. Ils se sont affrontés dès leur adolescence, ont partagé certaines des plus grandes scènes du tennis et ont été deux des figures majeures de l’ère dominée par Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer.
Pour cette raison, la présence limitée de Murray devrait interpeller les fans qui se souviennent de son importance dans la carrière de Djokovic. Les deux hommes se sont affrontés à quatre reprises en finale de l’Open d’Australie, et le Britannique a longtemps été l’un des rares joueurs capables de mettre régulièrement le Serbe en difficulté dans les grands rendez-vous.
Les critiques de Rothenberg ne signifient pas que le documentaire l’a entièrement déçu. Dans la partie publique de sa critique, il a décrit une production ambitieuse et coûteuse, affirmant qu’elle l’avait à la fois impressionné et déçu. Son principal reproche est que, malgré la richesse du contenu proposé aux spectateurs, le film lui donne encore envie d’en voir davantage.
Le traitement réservé à Murray illustre probablement le mieux ce sentiment. Un ancien rival, ami et entraîneur de Djokovic a été interviewé pendant environ une heure, mais les spectateurs l’entendent à peine dans le documentaire.
Djokovic prépare désormais une nouvelle campagne à l’US Open après son élimination précoce à Cincinnati. Le tableau du simple messieurs sera dévoilé le 27 août, tandis que le premier tour du tableau principal débutera trois jours plus tard, le 30 août, à New York.




