Même lorsqu’il joue bien, cela ne suffit plus toujours contre Jannik Sinner. C’est le constat lucide fait par Andrey Rublev après sa défaite contre l’Italien en quart de finale du Masters 1000 de Rome 2026.
Battu en deux sets malgré une prestation par moments convaincante, le Russe a quitté le Foro Italico avec le sentiment d’avoir affronté bien plus qu’un simple adversaire en grande forme. En conférence de presse, Rublev a tenté d’expliquer ce qui rend aujourd’hui Sinner si difficile à battre.
Et son analyse résume parfaitement la domination actuelle du numéro un mondial.
Une pression permanente pendant tout le match
Rublev a reconnu avoir commencé la rencontre avec de bonnes sensations, notamment jusqu’au 4-2 dans la première manche. Mais face à un joueur comme Sinner, le moindre relâchement se paie immédiatement : « Je dirais que le plus difficile, c’est de garder la concentration pour maintenir ton meilleur niveau. Il faut le pousser à faire des fautes, mais cela demande énormément de concentration pour jouer à ce niveau. «
Une phrase qui illustre parfaitement ce que ressentent aujourd’hui beaucoup de joueurs du circuit ATP lorsqu’ils affrontent l’Italien : l’impression de devoir évoluer à la limite de la perfection pendant deux heures, sans quasiment aucun droit à l’erreur.
Le moment où le match a basculé
Rublev a également expliqué que le début du deuxième set avait totalement changé la dynamique de la rencontre. Très vite mené avec un double break de retard, le Russe a vu Sinner prendre encore davantage confiance : « Dans le deuxième set, il a rapidement pris l’avantage avec un double break. Cela lui a donné encore plus de confiance, plus de liberté dans son jeu et donc encore plus de problèmes pour moi. «
C’est probablement ce qui impressionne le plus chez Sinner actuellement : sa capacité à devenir encore plus dangereux lorsqu’il sent son adversaire vaciller. Plus le match avance, plus son intensité semble augmenter.
Rublev refuse pourtant de se résigner
Malgré la domination de l’Italien, Rublev a tenu à préciser qu’il n’était jamais entré sur le court avec l’idée que la victoire était impossible : « Je ne pensais pas que je ne pouvais pas le battre. Je me battais simplement, je faisais tout ce que je pouvais et j’attendais de voir ce qui allait se passer. «
Une déclaration honnête, qui montre que même face à la machine actuelle qu’est Sinner, les joueurs continuent de croire en leurs chances. Mais le Russe a aussi reconnu une réalité difficile à contourner : » Encore une fois, cela demande énormément d’efforts et de concentration pour maintenir ce niveau. «
Sinner impose de nouveaux standards
Les propos de Rublev traduisent finalement quelque chose de plus profond : Jannik Sinner est en train de transformer les exigences du très haut niveau. Avec sa régularité impressionnante, sa puissance en fond de court et son calme sous pression, l’Italien oblige désormais ses adversaires à jouer un tennis quasi parfait pour espérer rivaliser.
Et lorsque même un joueur du calibre de Rublev explique qu’il devient mentalement épuisant de simplement rester au niveau du numéro un mondial, cela en dit long sur l’écart que Sinner est en train de créer avec le reste du circuit. À Rome, une fois encore, l’Italien n’a pas seulement gagné un match. Il a renforcé cette impression grandissante qu’aujourd’hui, battre Jannik Sinner relève presque de l’exploit.




