Absent des playoffs pour la première fois depuis 2019, le Heat et Pat Riley avaient annoncé du changement au printemps. Sans perdre de temps, l’été leur a permis de frapper un très gros coup : Giannis Antetokounmpo est arrivé en échange notamment de Tyler Herro, Kel’el Ware, Jaime Jaquez Jr. et Kasparas Jakucionis.
La venue d’un double MVP, déjà sacré champion NBA, change évidemment le statut de la franchise, mais aussi ses ambitions. Car autour de lui, on retrouve toujours Bam Adebayo, Andrew Wiggins et Davion Mitchell, et désormais Klay Thompson, Tim Hardaway Jr. et Bobby Portis. Une ribambelle de vétérans, shooteurs et joueurs de devoir, boostée par la présence de quelques jeunes rescapés comme Nikola Jovic ou Pelle Larsson.
Longtemps critiqué pour sa passivité, voire son inaction, Pat Riley a enfin décidé d’agir pour permettre au Heat de retrouver les sommets de la conférence Est. Un changement d’autant plus apprécié que cette prise de risque oblige désormais l’équipe à gagner vite, une partie de sa profondeur et de son potentiel à long terme ayant été sacrifiée.
Une union faite pour fonctionner ?
Désormais, toute la question sera de savoir comment Erik Spoelstra va articuler son effectif autour de son nouveau « franchise player ». Car si l’association entre Giannis Antetokounmpo et Bam Adebayo est particulièrement intrigante, elle pose aussi des questions en attaque, notamment en matière de spacing…
Les deux intérieurs ne sont pas des menaces régulières derrière l’arc et Miami devra trouver les bons équilibres pour éviter que les défenses ne se concentrent dans la raquette.
Pour répondre à ce problème, Klay Thompson, Tim Hardaway Jr, Andrew Wiggins, Bobby Portis, Simone Fontecchio et Davion Mitchell sont capables de sanctionner à 3-points. Mais maintenant que Norman Powell n’est plus là, le feront-ils avec assez de régularité pour permettre au duo Giannis/Adebayo de régner près du cercle ?
Les premières sorties de présaison ont déjà livré quelques pistes. Face aux Pelicans, Miami a notamment inscrit 23 points en contre-attaque sur la seule première mi-temps, profitant de sa défense pour lancer Giannis à pleine vitesse. Autre solution : exploiter les qualités de passe du Grec, mais aussi celles d’Adebayo au poste haut, pour multiplier les mouvements autour d’eux. Avec deux intérieurs capables de créer pour les autres, Erik Spoelstra dispose de plusieurs possibilités pour varier son attaque.
À noter que l’on surveillera également l’état de santé de Giannis Antetokounmpo, dont le jeu repose énormément sur ses qualités physiques et son explosivité, mais qui a accumulé les séjours à l’infirmerie en 2025/26. Un paramètre d’autant plus important que Miami ne dispose plus de la même profondeur pour compenser une absence prolongée de sa superstar.
Avec Erik Spoelstra aux commandes et une culture collective toujours aussi solide, le Heat semble avoir les ingrédients pour redevenir une équipe qui compte en 2026/27. Reste à transformer ces promesses en certitudes, au sein d’une conférence Est où plusieurs concurrents présentent davantage de garanties collectives. Car entre le potentiel de cette association et sa réussite sur la durée, il reste encore un pas (de Giannis ?) à franchir.
LES MOUVEMENTS DE L’ÉTÉ
Arrivées : Giannis Antetokounmpo, Klay Thompson, Tim Hardaway Jr., Bobby Portis, Nick Richards
Prolongations : Andrew Wiggins, Pelle Larsson, Simone Fontecchio
Départs : Tyler Herro, Norman Powell, Jaime Jaquez Jr., Kel’el Ware, Kasparas Jakucionis
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LE JOUEUR À SUIVRE : GIANNIS ANTETOKOUNMPO
Difficile de choisir quelqu’un d’autre que Giannis Antetokounmpo qui, après 13 ans à Milwaukee et plusieurs mois de tensions, débarque en Floride avec une mission très claire : ramener Miami au sommet.
En bonne santé, le double MVP reste l’un des joueurs les plus complets et dominants de la ligue. Le problème, c’est que son corps commence à le trahir de plus en plus et il sort par exemple d’un exercice à seulement 36 matchs. Autrement dit, son plus petit total en carrière.
Sur le papier, l’arrivée du « Greek Freak » obligera Erik Spoelstra à repenser une partie de son système et l’un des enjeux sera de faire fonctionner son duo avec Bam Adebayo. Défensivement, les deux hommes peuvent former une raquette terrifiante avec leur mobilité, leur polyvalence et leur capacité à protéger le cercle. De quoi donner au Heat une identité défensive particulièrement intimidante.
Mais c’est peut-être dans son rôle de créateur que Giannis pourrait le plus transformer Miami. Lors de sa première sortie face à Toronto, il a distribué sept passes décisives en seulement 14 minutes, au point qu’Erik Spoelstra l’a comparé à Magic Johnson. Une dimension essentielle pour exploiter les shooteurs qui l’entourent, de Klay Thompson à Tim Hardaway Jr., en passant par Andrew Wiggins.
À bientôt 32 ans, Giannis Antetokounmpo n’a en tout cas plus de temps à perdre. Dans un environnement qui semble adapté à sa personnalité, entre travail, exigence et intensité, il est peut-être bien l’arme qui manquait au Heat pour redevenir un prétendant crédible au titre. À condition, évidemment, que son corps le laisse tranquille.
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Moyenne d’âge : 27,4 ans
Masse salariale : 206,2 millions de dollars (10e)
LE SCÉNARIO IDÉAL
Giannis Antetokounmpo retrouve immédiatement son meilleur niveau et son association avec Bam Adebayo devient l’une des plus dominantes de toute la NBA. Comme à son habitude, le Grec attaque le cercle, crée pour ses shooteurs et se donne en défense, transformant une équipe décevante en un véritable rouleau compresseur.
Autour de lui, Klay Thompson retrouve des couleurs, son shoot faisant des dégâts aussi bien dans le cinq majeur qu’avec les remplaçants, où Bobby Portis et Tim Hardaway Jr. apportent de précieuses solutions offensives. Quant à Andrew Wiggins, il confirme son importance des deux côtés du terrain en tant que troisième option, pendant que Pelle Larsson se révèle, que Davion Mitchell continue de progresser et que Nikola Jovic repart de l’avant.
Revigoré, Erik Spoelstra reste maître dans l’art de faire cohabiter des joueurs de grand talent. Son Heat redevient une forteresse en défense, sans pour autant sacrifier ce qui faisait sa force en attaque la saison dernière : du rythme, des contre-attaques et cinq joueurs capables d’attaquer les duels favorables. Avec Giannis pour accélérer le jeu et Adebayo pour organiser les attaques placées, Miami trouve rapidement son équilibre.
Au final, le Heat termine dans le Top 3 de la conférence Est et arrive en playoffs avec l’étiquette du (très) gros morceau, suffisamment armé pour viser loin avec un Giannis Antetokounmpo en pleine santé.
LE PIRE SCÉNARIO
À Miami, la greffe prend moins bien que prévu. Giannis Antetokounmpo et Bam Adebayo ont du mal à jouer ensemble, occupant souvent les mêmes zones, tandis que les défenses leur ferment l’accès à la raquette. Et comme l’adresse extérieure ne compense pas, l’attaque sur demi-terrain est à la peine, malgré les essais d’Erik Spoelstra.
Pour ne rien arranger, Giannis est rattrapé par les pépins physiques qui l’ont déjà limité la saison dernière. Sans lui, les Floridiens retrouvent les difficultés de l’exercice précédent, tandis que les départs de plusieurs jeunes dans le cadre de son transfert réduisent le nombre de solutions disponibles. Le Heat découvre alors les (sérieuses) limites d’un effectif construit pour gagner immédiatement.
Klay Thompson et Tim Hardaway Jr. apportent leur adresse par séquences, mais leur âge et leurs limites défensives sont de plus en plus visibles. Erik Spoelstra tâtonne pour trouver sa rotation, d’autant que Pelle Larsson et Nikola Jovic sont dans le dur, au même titre que Davion Mitchell à la mène.
Suspendu à l’état de santé de Giannis Antetokounmpo, le Heat termine certes dans le Top 8, mais les garanties collectives ne sont pas là et un long parcours en playoffs semble difficilement envisageable. Tout le projet n’est pas remis en question malgré cette première saison décevante, sauf que Miami réalise qu’il faudra peut-être plus de temps que prévu pour transformer un assemblage de talents en véritable candidat au titre.














