Comme souvent dans ce genre de cérémonie, il y a eu les discours officiels, les remerciements et les applaudissements. Mais au moment d’accueillir les Knicks à l’hôtel de ville, après leur premier titre NBA depuis 53 ans, Zohran Mamdani a surtout livré une déclaration d’amour à sa ville, à travers son équipe.
« Pendant 53 longues années, nous avons regardé et nous avons attendu », a lancé le maire, en évoquant les fans des derniers rangs du Garden, ceux des téléviseurs de magasins ou des projecteurs sur les escaliers de secours.
Fan assumé des Knicks, le maire de New York ne s’est pas contenté de féliciter Jalen Brunson, Karl-Anthony Towns, OG Anunoby ou Mike Brown. Il a ainsi replacé ce titre dans une histoire plus longue, celle des saisons ratées, des espoirs déçus et des joueurs qui ont accompagné les New-Yorkais dans les années moins glorieuses.
De quoi donner une force différente à son discours. En citant des noms plutôt inattendus au moment de fêter ce sacre, de Renaldo Balkman à Langston Galloway en passant par Toney Douglas, Lance Thomas, Julius Randle ou encore Donte DiVincenzo, le maire a rappelé que ce trophée n’appartenait pas seulement au groupe finalement titré. Il appartient aussi à tous ceux qui ont attendu, parfois sans véritable raison d’y croire…
Un titre comme miroir de la ville
Zohran Mamdani a ainsi utilisé le parcours des Knicks comme un miroir de New York. Une équipe longtemps moquée, souvent frustrante, mais restée au centre de la vie sportive locale. Une franchise capable de faire souffrir ses fans, puis de les rassembler comme peu d’autres institutions peuvent le faire.
Le passage le plus fort concernait le Game 4 des Finals, quand les Knicks avaient 0,4% de chances de l’emporter avant de renverser les Spurs. « C’est quand il ne reste que 0,4% de chances que New York se met au travail » a-t-il résumé. Les Knicks ont ainsi réussi ce que New York fait lorsque tout semble impossible : trouver une solution.
Sans transformer la cérémonie en meeting politique, le maire a donné une lecture très new-yorkaise du titre. Les Knicks n’ont pas seulement mis fin à 53 ans d’attente. Ils ont gagné, selon sa formule, pas seulement pour New York mais « comme New York » : comme une ville dos au mur mais qui sourit face aux probabilités.
Le discours était long, voire trop long pour certains, à l’image de James Dolan. Le propriétaire des Knicks a semblé lui répondre en creux lorsqu’il a pris le micro, assurant aux fans qu’il n’avait pas besoin de « leur vote », ni de « leur citer ce qui s’est passé ici », car les « vrais fans des Knicks » le savaient déjà. Mais il a marqué les esprits parce qu’il sonnait moins comme une prise de parole d’élu que comme celle d’un supporter qui connaissait vraiment le dossier. Et à New York, après plus d’un demi-siècle d’attente, c’était sans doute le ton le plus juste.




