Contraint de sortir à la
demi-heure de jeu face à l’Espagne, William Saliba doit se préparer
à une longue indisponibilité.
L’image restera comme l’un des tournants douloureux de cette
Coupe du Monde 2026 pour l’équipe de France. À la 30e minute de la
demi-finale perdue face à l’Espagne (0-2), William Saliba a dû se
résoudre à quitter la pelouse. Quelques instants avant de demander
son changement, le défenseur d’Arsenal confiait sa détresse à son
partenaire de charnière, Dayot Upamecano, avec des mots glaçants de
réalisme : « Je n’en peux plus, mon dos est mort. » Un constat
terrible qui venait mettre un terme brutal au parcours héroïque,
mais physiquement intenable, du joueur de 25 ans.
Depuis plusieurs mois, l’ancien défenseur de l’Olympique de
Marseille et de Saint-Étienne évoluait sur le fil du rasoir,
handicapé par des douleurs chroniques au niveau du dos. Déjà
diminué lors de la finale de la Ligue des Champions disputée sous
les couleurs d’Arsenal face au Paris Saint-Germain, Saliba avait
fait le choix courageux — et risqué — de serrer les dents pour
guider l’arrière-garde tricolore aux États-Unis. Un sacrifice
consenti au prix d’un protocole médical lourd et quotidien.
Selon les informations révélées par L’Équipe, le roc des Bleus
tenait grâce à des injections d’antidouleurs massives et des
séances d’entraînement drastiquement allégées. Pour préserver son
corps, il était notamment dispensé des séances de récupération
collectives au lendemain des matchs, une méthode validée
conjointement par les staffs médicaux d’Arsenal et de l’équipe de
France.
William Saliba absent cinq mois ?
Malgré cette fragilité extrême, Saliba s’est imposé comme l’un
des meilleurs défenseurs du Mondial, repoussant ses limites jusqu’à
ce que son organisme dise définitivement « stop ». Ce dévouement
total pour le maillot bleu rappelle inévitablement le précédent de
Samuel Umtiti lors du Mondial 2018, qui avait lui aussi sacrifié
son genou pour décrocher la deuxième étoile, une décision qu’il
avait payée au prix fort le reste de sa carrière.
Si des examens complémentaires doivent encore affiner le
diagnostic, l’hypothèse d’une intervention chirurgicale est
aujourd’hui la plus probable pour soigner ce mal chronique. Du côté
de Londres, Arsenal se prépare déjà au pire : les dirigeants des
Gunners anticipent en effet une absence de quatre à cinq mois pour
leur joueur cadre. À l’aube d’une saison de Premier League qui
s’annonce intense, le club londonien devra apprendre à composer
sans le patron de sa défense. Et il en sera de même pour Zinedine
Zidane lors des prochaines sorties des Bleus cet automne.




