Pour un 56e choix de la Draft, la première saison de Will Richard pouvait difficilement être considérée comme un échec. Le rookie s’est installé dans la rotation des Warriors, a débuté 21 rencontres et s’est même offert un match à 30 points. Mais lorsque la saison s’est véritablement jouée, son rôle a brutalement diminué.
Lors du play-in remporté face aux Clippers, Will Richard n’est même pas entré en jeu. Face aux Suns, dans le match qui a mis fin à la saison de Golden State, il a dû attendre les 66 dernières secondes pour fouler le parquet.
C’est précisément ce souvenir qu’il a emporté avec lui pendant toute l’intersaison…
« Je n’ai pas joué lors des derniers matchs de la saison et c’est devenu ma principale source de motivation cet été », explique-t-il d’ailleurs dans les colonnes de NBC Sports Bay Area. « J’ai travaillé sur les choses dont je sais qu’elles me permettront d’être sur le terrain lors de ces matchs de playoffs ou de play-in la saison prochaine. »
Un tir à 3-points déjà transformé ?
Dans un effectif qui compte de nombreux arrières, parmi lesquels Stephen Curry, De’Anthony Melton, Gary Payton II ou encore Brandin Podziemski, Will Richard sait qu’il devra gagner chacune de ses minutes.
Il a donc principalement travaillé sur son dribble, son tir en mouvement, le catch-and-shoot, les finitions près du cercle et sa capacité à sanctionner en un-contre-un.
Les premiers résultats ont été visibles en Summer League. Après avoir tourné à 33,5% de réussite à 3-points durant sa saison rookie, Richard a modifié sa mécanique afin de déclencher plus rapidement. Sur ses sept matchs estivaux entre le California Classic et Las Vegas, il a ainsi converti 48,3% de ses tentatives extérieures.
Une progression qui pourrait faire toute la différence puisque ses qualités défensives sont déjà reconnues. Steve Kerr estime d’ailleurs que son jeune joueur avait surtout été victime du classique « rookie wall » en fin de saison.
« Il a réalisé une très bonne saison, puis sur les 20 derniers matchs environ, il ressemblait à un rookie. Il semblait fatigué et n’avait plus la même explosivité », constate l’entraîneur. « Mais il a passé un excellent été. Il est constamment à la salle et travaille beaucoup physiquement. Il fait ce qu’il faut, donc je suis impatient de le voir. »
Richard a justement profité de l’été pour renforcer son corps. Il a revu son alimentation, multiplié les séances de musculation et poursuivi la pratique régulière du yoga chaud, une habitude prise lors de son passage à Florida. Résultat : il assure avoir gagné près de cinq kilos de muscle.
À l’école de Stephen Curry et Draymond Green
Pour accélérer encore sa progression, Will Richard n’hésite pas à solliciter les vétérans qui l’entourent. Draymond Green lui donne des conseils sur la défense. Stephen Curry l’aide sur le travail physique et offensif. Richard a également échangé avec Andre Iguodala, qui lui a notamment conseillé de communiquer davantage sur le terrain.
« Il m’a dit que ce sur quoi je pouvais travailler dès maintenant, c’était simplement de parler. Quand tu communiques sur le terrain, cela aide tout le monde et ça t’aide également. »
Les séances avec Stephen Curry ont particulièrement marqué le jeune arrière.
« Ça a changé ma façon de voir les entraînements. Il prend tout tellement au sérieux. Chaque répétition compte et tout se joue dans les détails. Avec Steph, chaque répétition est réalisée comme si elle avait lieu pendant un match. »
C’est surtout lorsque la fatigue apparaît que Richard a compris ce qui séparait Curry de beaucoup d’autres joueurs.
« Quand les athlètes sont fatigués, certaines choses commencent à disparaître, notamment la concentration. Lui, lorsqu’il est fatigué, il augmente encore son niveau de concentration et son attention aux détails. »
Après avoir découvert la NBA, Will Richard découvre donc désormais ce qu’il faut pour y durer et, surtout, être encore sur le terrain lorsque les matchs comptent vraiment.
« Il y a tellement de choses à apprendre pour devenir un bon professionnel et réussir dans cette ligue », reconnaît-il. « Heureusement pour moi, j’ai d’excellents vétérans à observer et auprès desquels apprendre. »




