Pour sa toute première apparition dans le grand tableau de Roland‐Garros, Moïse Kouame a frappé un grand coup en s’offrant Marin Cilic en trois sets : 7–6(4), 6–2, 6–1.
Dans sa chronique quotidienne pour L’Equipe, le septuple lauréat en Grand Chelem Mats Wilander a salué l’immense potentiel du jeune Français, tout en appelant à la retenue autour de celui qui incarne déjà l’un des grands espoirs du tennis tricolore.
« Parfois, les observateurs en font trop et, selon sa perméabilité, c’est difficile pour le joueur de ne pas se croire arrivé. Je trouve que c’est un peu ce qui s’est passé pour Jo‐Wilfried Tsonga, après sa finale à l’Open d’Australie 2008. On s’est tous dit, moi le premier : ‘Ce gars va gagner plusieurs titres en Grand Chelem, il est tellement bon et en plus il est venu battre Nadal au filet.’ Tsonga a eu une superbe carrière, mais il n’a pas décroché ce fichu Majeur. Soyons prudents… Surtout en France, où le tennis est quelque chose d’énorme. Apprenons de nos erreurs, qu’elles soient celles des joueurs, de la Fédération ou des médias. Le système fonctionne très bien dans ce pays, mais il n’a pas produit le très grand champion qu’on attend encore. Et on sait désormais que ce ne sera pas Gaël Monfils, et que ça n’a été ni Tsonga ni Richard Gasquet ni Gilles Simon non plus. Ces gars ont tous été entre la 5e et la 7e place mondiale, ce qui est immense dans un sport globalisé comme le tennis. Impossible de savoir jusqu’où ira Kouame. Comment saura‐t‐il gérer cette grande attention soudaine ? Peut‐être très bien, comme Boris Becker en son temps. Est‐ce que Moïse va lire et regarder ce qui s’écrit et se dit de lui ? Si oui, il va falloir l’accueillir tranquillement. »
Au deuxième tour, le joueur de 17 ans, 318e mondial, affrontera le Paraguayen Daniel Vallejo (71e mondial).




