Nommé en urgence à la tête de la Tunisie après le limogeage de Sabri Lamouchi, Hervé Renard hérite probablement de la mission la plus périlleuse de sa carrière. Pourtant, pour son ancien adjoint Patrice Beaumelle, le Français est exactement l’homme qu’il faut dans ce genre de situation.
Dans un entretien accordé à ESPN, celui qui a longtemps travaillé aux côtés de Renard, notamment lors des sacres à la CAN avec la Zambie puis la Côte d’Ivoire, a livré son analyse de cette nomination surprise.
« Quand j’ai appris sa nomination, j’ai d’abord ressenti de la tristesse pour Sabri Lamouchi, qui est un ami. Mais je suis aussi heureux pour Hervé qu’il puisse participer à cette Coupe du monde », explique le Nîmois.
« Il n’a rien à perdre »
Pour l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Renard a accepté un pari risqué, mais potentiellement très rémunérateur sur le plan de l’image.
« Il n’a rien à perdre, même si c’est un défi extrêmement compliqué. S’il parvient à redresser la situation, tout le mérite lui reviendra. À ce stade de sa carrière, il n’a rien à perdre, sauf peut-être l’occasion de créer une énorme surprise. »
Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu. La Tunisie reste sur une humiliation contre la Suède (5-1) après avoir déjà encaissé cinq buts face à la Belgique en préparation. Dix buts concédés en deux matches qui ont plongé les Aigles de Carthage dans une profonde crise de confiance.
Stopper l’hémorragie
Pour Beaumelle, la priorité de Renard est claire.
« La première chose qu’il va vouloir faire, c’est arrêter l’hémorragie. Encaisser dix buts lors des deux derniers matches est inacceptable à ce niveau. »
L’ancien adjoint estime que l’impact du Français sera avant tout psychologique.
« Hervé travaille énormément sur l’aspect mental. Il va essayer de redonner du courage et de la confiance à ce groupe. Il n’a pas le temps de tout changer tactiquement, mais il peut avoir un impact énorme dans les têtes. »
Un pompier du football
Vainqueur de la CAN avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, qualificateur du Maroc pour le Mondial 2018 puis auteur de l’exploit historique de l’Arabie Saoudite contre l’Argentine en 2022, Renard s’est bâti une réputation de spécialiste des missions impossibles.
Reste à savoir si le « pompier » pourra éteindre cet incendie. La réponse arrivera rapidement : le Japon puis les Pays-Bas attendent désormais une Tunisie dos au mur, qui n’a jamais franchi le premier tour d’une Coupe du monde.




