Emma Raducanu a décidé de se séparer une nouvelle fois de son entraîneur. Après l’Open d’Australie, la Britannique a mis fin à sa collaboration avec Francisco Roig, confirmant une tendance devenue familière depuis son sacre surprise à l’US Open en 2021 : la stabilité dans son box reste un défi.
À 23 ans, Raducanu cherche encore la formule idéale. Son objectif affiché ? Développer un jeu plus agressif du fond du court, prendre davantage l’initiative, affirmer son identité tennistique. Pour le WTA 1000 d’Indian Wells Open, elle a fait appel à un visage familier : Mark Petchey. Une solution à court terme, plus transitionnelle que structurelle.
Mais faut-il absolument un coach à plein temps ? La question divise.
Interrogé lors d’un événement Sky Sports Tennis à Londres, Tim Henman a surpris par sa position. L’ancien numéro un britannique estime qu’une période sans entraîneur pourrait être bénéfique : « Peut-être qu’elle est mieux sans coach, en embrassant cette forme de liberté. Elle parle de s’approprier son identité — alors qu’elle le fasse vraiment « , a-t-il déclaré.
Henman s’appuie sur sa propre expérience : « Il m’est arrivé, à certains moments de ma carrière, de ne pas avoir de coach. Et j’ai vraiment apprécié ces périodes. « Selon lui, rien n’oblige Raducanu à précipiter une nouvelle collaboration longue durée. « Dans six ou neuf mois, elle aura peut-être besoin d’un regard extérieur si elle traverse une période difficile. Mais ce n’est pas forcément une mauvaise idée d’avancer seule pendant un temps. «
Le constat est lucide : depuis trois ou quatre ans, les entraîneurs se succèdent rapidement dans l’équipe de Raducanu. Un choix assumé, mais qui nourrit les interrogations.
Le circuit avance à grande vitesse
Henman rappelle que le circuit évolue vite. « Elle a 23 ans. Il y a des joueuses de 18, 19, 20 ans qui arrivent et qui la dépassent. On ne peut pas rester immobile. « Pour autant, il reste convaincu de son potentiel : » Elle est 25e mondiale, mais beaucoup pensent qu’elle peut être bien meilleure. Et c’est ce qui est excitant. «
Le talent n’est pas en cause. La régularité, en revanche, l’est davantage. Entre changements de staff et pépins physiques, la trajectoire de Raducanu a souvent été hachée. Pour franchir un cap, elle devra aussi gagner en solidité athlétique, devenir plus résistante, plus rapide, plus puissante face aux plus grandes frappeuses du circuit.
Indian Wells représente une opportunité stratégique : enchaîner des victoires pourrait lui permettre de grimper au classement avant d’aborder le Miami Open, où elle aura des points importants à défendre après son quart de finale l’an dernier.
À 23 ans, l’histoire d’Emma Raducanu est loin d’être écrite. Reste à savoir si son prochain grand pas se fera avec — ou sans — filet de sécurité derrière elle.




