Manette à la main, micro ouvert, Taylor Fritz a levé le rideau sur une réalité rarement racontée du circuit ATP : la hiérarchie ne s’arrête pas au classement, elle influence aussi… l’horaire des matches.
En plein live gaming, l’Américain a parlé sans filtre des privilèges dont bénéficient les têtes d’affiche. Et le message est limpide : plus vous êtes haut au classement, plus votre voix compte quand il s’agit de choisir quand — et parfois où — vous jouez.
Les gros calibres décident
« Ceux qui ont vraiment l’avantage pour demander des horaires, ce sont les mieux classés « , explique-t-il. Avant de citer les poids lourds du moment : Carlos Alcaraz, Jannik Sinner et Novak Djokovic : « S’ils jouent, ils obtiennent les créneaux qu’ils veulent. «
Rien d’officiel sur le papier, mais une évidence dans les faits : chaque journée de tournoi compte trois ou quatre joueurs à “priorité maximale”. Les superstars choisissent d’abord. Les autres s’adaptent.
Fritz, solidement installé dans le Top mondial mais pas tout en haut de la pyramide, se situe juste derrière. » En gros, je suis troisième priorité « , résume-t-il avec franchise. Cela signifie qu’il dispose d’un léger levier… à condition de ne pas être programmé sur le court central.
S’il évolue sur une piste annexe, il peut négocier un minimum : éviter le tout premier match de la journée, ou échapper à la session nocturne. « Je peux dire : ne me mettez pas en ouverture, mais pas trop tard non plus. Et ça s’arrête là. «
Car dès qu’un membre du “big trio actuel” apparaît de l’autre côté du filet, la marge disparaît : « Si je joue contre Novak et qu’il veut jouer le soir, on jouera le soir. «
Une phrase simple, mais révélatrice du fonctionnement interne du circuit. Les organisateurs cherchent l’audience maximale, les diffuseurs veulent leurs stars en prime time, et les tournois protègent ceux qui remplissent les tribunes.
Fritz ne se plaint pas vraiment. Il constate. Il connaît les règles non écrites du jeu. Le tennis moderne est un sport individuel, certes, mais aussi un spectacle global où le poids médiatique compte presque autant que le revers long de ligne.
Et au sommet, certains choisissent l’heure. Les autres règlent leur montre.




