Steve Kerr ne voulait pas revenir pour simplement empiler les saisons. À la veille du « play-in », le technicien se voyait même « à 95% » sur le départ, avant de prolonger pour accompagner Stephen Curry jusqu’au bout.
Son discours est désormais encore plus réaliste. Après une saison à 37 victoires et une deuxième campagne sans playoffs en trois ans, le coach ne place plus Golden State parmi les favoris pour le trophée Larry O’Brien. « Nous ne faisons pas partie de la conversation pour le titre », reconnaît-il auprès d’ESPN. « Voyons ce que nous pouvons faire collectivement pour rétablir ce que nous représentons. »
Une déclaration qui peut surprendre puisque, au printemps, plusieurs sources assuraient que Steve Kerr ne poursuivrait que s’il estimait les Warriors capables de gagner plusieurs séries de playoffs. Mais son attachement à Stephen Curry, Draymond Green et à la « famille Warriors » a finalement pesé plus lourd.
LeBron James, une piste jamais vraiment crédible ?
Les Warriors ont pourtant tenté un dernier grand coup. Stephen Curry avait fait savoir à LeBron James qu’il accueillerait favorablement son arrivée dans la Baie, Draymond Green avait décliné son option pour faciliter l’opération et Joe Lacob avait envoyé un message vocal à Rich Paul.
Steve Kerr, lui, n’y a jamais vraiment cru. « Je ne pensais pas que nous étions réellement dans la course », confie-t-il désormais. Golden State avait bien présenté son projet au « King », en mettant en avant la perspective historique de l’associer à Stephen Curry, mais aucun signal concret n’est venu entretenir l’espoir.
Au bout du compte, LeBron James a finalement choisi les Sixers, renforcés par l’arrivée de Jaylen Brown.
Pas question d’hypothéquer l’après-Curry
Jaylen Brown aurait pourtant pu rejoindre San Francisco. Avant la Draft, Boston a ainsi appelé Golden State en réclamant quatre premiers tours et un « swap » au premier tour en échange de son ailier. Une facture jugée trop élevée par les Warriors, qui ont conservé le 11e choix afin de sélectionner Yaxel Lendeborg et qui ne considéraient pas que le MVP des Finals 2024 avait les épaules pour porter l’équipe après la retraite de Stephen Curry.
Golden State n’a pas davantage sérieusement négocié pour Anthony Davis, alors qu’une réunion avec LeBron James aurait probablement nécessité le départ de Jimmy Butler et plusieurs choix de Draft. Si les Wizards avaient de toute façon déclaré leur intérieur intransférable, c’est plutôt la santé de l’intérieur et le fait qu’il veuille absolument une prolongation qui ont refroidi les dirigeants des Warriors.
« Parfois, ne pas faire de transfert peut être la meilleure décision pour votre avenir », assume Steve Kerr. Les Warriors misent donc sur leur flexibilité financière, le retour des blessés et l’éclosion de Yaxel Lendeborg, potentiel titulaire dès sa saison rookie.
Une stratégie prudente, mais douloureuse à entendre alors que Stephen Curry approche de ses 39 ans. « Pouvons-nous reconstruire les fondations ? », demandait le meneur de jeu après sa fin de saison prématurée. À défaut de lui promettre un cinquième titre, Golden State veut surtout éviter de compromettre ce qui viendra après lui.




