Le parallèle entre Jannik Sinner et Novak Djokovic prend de plus en plus d’ampleur. Après son deuxième sacre consécutif à Wimbledon, le numéro un mondial continue d’empiler les records et les comparaisons avec le champion serbe. À seulement quelques semaines de son 25e anniversaire, l’Italien compte déjà cinq titres du Grand Chelem et trente trophées ATP, un total quasiment identique à celui qu’affichait Djokovic au même âge.
Mais pour Renzo Furlan, ancien joueur du circuit et désormais entraîneur de Luca Nardi, la comparaison ne s’arrête pas aux statistiques. Selon lui, Sinner représente tout simplement une version modernisée du vainqueur de 24 tournois du Grand Chelem : « Jannik est un Djokovic 2.0. Ils partagent un style de jeu très similaire, ils excellent tous les deux dans les échanges du fond du court et ont énormément fait progresser leur service au fil des années « , a expliqué l’Italien dans un entretien accordé au Corriere dello Sport.
Une puissance qui fait la différence
Si Furlan retrouve de nombreuses caractéristiques propres à Djokovic dans le jeu de Sinner, il estime néanmoins que le numéro un mondial possède aujourd’hui un atout supplémentaire : sa puissance : « Sinner frappe plus fort, ses balles vont plus vite « , affirme-t-il, avant de souligner l’étendue du registre technique de son compatriote.
Pour l’ancien joueur italien, cette capacité à produire des coups dans toutes les situations, combinée à une éthique de travail irréprochable, explique en grande partie la progression fulgurante de Sinner : » Il n’a jamais peur d’essayer quelque chose de nouveau. Il travaille énormément et assimile très rapidement ce qu’il apprend. C’est une qualité exceptionnelle « , poursuit-il.
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Cette faculté à évoluer en permanence est, selon Furlan, l’une des principales raisons pour lesquelles l’Italien continue de prendre une longueur d’avance sur ses concurrents.
Sinner et Alcaraz, une catégorie à part
La finale de Wimbledon face à Alexander Zverev a une nouvelle fois illustré cette supériorité. Mené après la perte du premier set, Sinner n’a jamais paniqué. Il a progressivement élevé son niveau de jeu, renversant totalement la dynamique de la rencontre avant de s’imposer en quatre manches.
Furlan reconnaît avoir cru à un scénario bien différent lorsque Zverev dominait les débats dans les deux premières manches : » Jusqu’au tie-break du deuxième set, j’avais des doutes. Zverev jouait un tennis remarquable et un avantage de deux sets aurait été très compliqué à combler. Mais une fois ce moment passé, Sinner a simplement changé de dimension. Il a commencé à éroder la confiance de son adversaire, et l’issue du match ne faisait plus vraiment de doute. «
Malgré les progrès affichés par Zverev cette saison, notamment grâce à son sacre à Roland-Garros, l’ancien joueur reste persuadé que le circuit ATP se résume aujourd’hui à un duel entre deux hommes : « Wimbledon a confirmé que Sinner et Carlos Alcaraz évoluent encore au-dessus de tout le monde. Ils sont capables de maintenir un niveau exceptionnel pendant des heures, mais surtout d’élever encore leur jeu dans les moments décisifs. À mes yeux, ce sont les deux seuls joueurs capables de le faire aujourd’hui. « »
Des propos qui renforcent un peu plus l’idée que le tennis masculin est entré dans une nouvelle ère. Une ère dominée par Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, avec un numéro un mondial que certains n’hésitent déjà plus à considérer comme l’héritier, voire l’évolution, de Novak Djokovic.




