Après une saison exceptionnelle avec Lens, Malang Sarr semblait enfin avoir replacé son nom au cœur du débat en sélection sénégalaise.
Pourtant, le défenseur de 27 ans vient de faire un choix de carrière aussi inattendu que douteux, au risque de compliquer encore un dossier déjà sensible chez les Lions.
Libre, Malang Sarr choisit l’Arabie Saoudite
Libre depuis la fin de son contrat avec le RC Lens, Malang Sarr a trouvé un accord avec NEOM SC, selon Fabrizio Romano. Le défenseur aurait préféré le projet saoudien à cinq propositions venues de clubs européens.
À première vue, le choix peut surprendre. L’ancien joueur de Nice, Chelsea et Monaco sortait de la meilleure saison de sa carrière. Titulaire à 33 reprises en Ligue 1, il avait participé à la remarquable campagne lensoise et figurait même dans plusieurs équipes-types de la saison. Ses performances lui avaient permis de retrouver une cote importante sur le marché après plusieurs années compliquées.
Plutôt que de capitaliser sur cette dynamique pour rester dans un grand championnat européen, Sarr va rejoindre le huitième du dernier exercice saoudien. À un an de la CAN 2027, le timing interroge forcément.
Une place semblait enfin pouvoir s’ouvrir avec le Sénégal
Avant la Coupe du monde 2026, le natif de Nice avait l’espoir d’intégrer les Lions. Ses prestations avec Lens lui avaient valu une place dans la présélection élargie de Pape Thiaw, sans toutefois lui permettre de figurer dans le groupe définitif.
Car son cas reste particulier. Sollicité par le Sénégal en 2021 alors qu’il appartenait à Chelsea, il n’avait pas donné suite. Ce n’est que plusieurs années plus tard, alors que la perspective de représenter la France s’était éloignée, qu’il avait ouvertement manifesté son intérêt pour le pays de ses origines.
Une chronologie qui a alimenté les critiques d’une partie du public sénégalais et aurait également suscité des réserves en interne. Selon certaines rumeurs, sa situation aurait même provoqué des discussions animées entre plusieurs cadres à l’aube du Mondial.
Sportivement, la porte semblait désormais plus ouverte que jamais. Les performances compliquées de Kalidou Koulibaly (diminué par une blessure) pendant la compétition, ainsi que la possibilité de le voir prendre prochainement sa retraite internationale, pouvaient libérer une place importante dans l’axe.
L’Arabie saoudite, encore synonyme de recul ?
En choisissant NEOM après une telle saison, Malang Sarr donne donc l’impression de privilégier un contrat lucratif au détriment de ses ambitions sportives.
Mais le jugement mérite aujourd’hui d’être nuancé. Rejoindre la Saudi Pro League n’a plus tout à fait la même signification qu’il y a quelques années. Le championnat attire désormais régulièrement des internationaux encore dans la fleur de l’âge et tente de construire des projets plus cohérents autour de techniciens et de joueurs confirmés.
NEOM sera ainsi entraîné par Christophe Galtier, ancien coach de Lille, Nice et du Paris Saint-Germain. Sarr y retrouvera notamment le gardien polonais Marcin Bulka, l’attaquant français Alexandre Lacazette et le jeune milieu ivoirien Amadou Koné.
Basé dans le Hedjaz et portant le nom de la ville futuriste développée par l’Arabie saoudite, le club affiche des ambitions considérables. Il ne possède évidemment pas encore le prestige des grandes institutions européennes, mais son projet ne peut plus automatiquement être assimilé à une préretraite.
D’ailleurs, Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et Edouard Mendy ont conservé leur place en sélection sénégalaise malgré leur signature en Arabie Saoudite il y a deux ans, mais on parle là de cadres installés et pas d’aspirant à la sélection. A ce poste, le plus installé Abdoulaye Seck est d’ailleurs sur le point de quitter l’Europe pour rejoindre Al-Faysali, également en SPL.
Un pari qui devra être validé sur le terrain
La vraie question sera donc celle du niveau affiché par Malang Sarr.
S’il conserve sa régularité, s’impose comme un cadre de NEOM et évolue dans un championnat en progression, son départ en Arabie saoudite ne lui ferma pas forcément les portes de la sélection.
En revanche, après avoir refusé de rejoindre les Lions au début de sa carrière puis manqué le Mondial malgré une saison remarquable, il disposait de peu de marge pour envoyer un nouveau signal ambigu.
À un an de la CAN 2027, Malang Sarr vient donc de prendre un pari risqué. Pas nécessairement rédhibitoire, mais suffisamment douteux pour relancer les interrogations sur sa réelle ambition internationale.




