Le tennis britannique traverse une période paradoxale. Si Arthur Fery a créé la surprise en atteignant les demi-finales de Wimbledon 2026, la quinzaine londonienne a surtout mis en lumière les difficultés d’une génération qui peine à prendre le relais d’Andy Murray.
Les forfaits de dernière minute d’Emma Raducanu et de Jack Draper, tous deux blessés, ont une nouvelle fois privé le public britannique de ses principales têtes d’affiche. Une situation qui inquiète de plus en plus Greg Rusedski, ancien numéro un britannique et finaliste de l’US Open.
Dans son podcast Off Court, l’ex-joueur n’a pas caché sa préoccupation face à la multiplication des blessures qui touchent les meilleurs représentants du tennis britannique : » Je veux simplement voir nos joueurs en bonne santé et capables de progresser. Il faut aussi s’interroger sur la préparation physique, car quelque chose ne fonctionne pas lorsque nous avons autant de blessures en permanence « , a-t-il expliqué.
Federer en exemple pour éviter les rechutes
Sans pointer directement un responsable, Rusedski estime que la gestion de la préparation et de la récupération mérite d’être repensée. Pour illustrer son propos, il s’est appuyé sur l’exemple de Roger Federer, longtemps épargné par les blessures durant le sommet de sa carrière.
Selon lui, le Suisse n’interrompait jamais totalement son entraînement, même pendant les périodes de vacances : « Je me souviens que Roger Federer continuait à frapper des balles lorsqu’il partait en vacances avec sa famille. C’est cette régularité qui fait la différence « , rappelle-t-il.
Pour l’ancien numéro quatre mondial, les joueurs doivent conserver un rythme constant tout au long de l’année : « On ne peut pas s’arrêter pendant de longues périodes. Même en vacances, il faut continuer à jouer, aller à la salle de sport et entretenir son corps. Sinon, il faut presque repartir de zéro à chaque reprise « , insiste-t-il.
Emma Raducanu au cœur des inquiétudes
Rusedski s’est également exprimé sur le cas d’Emma Raducanu, dont la carrière reste marquée par une succession de blessures malgré les progrès aperçus ces derniers mois.
La Britannique semblait pourtant avoir retrouvé son meilleur niveau avant sa fracture de fatigue, notamment grâce à son parcours jusqu’en finale du WTA 500 du Queen’s.
Pour l’ancien joueur, le problème ne réside pas uniquement dans la malchance : « Il faut faire partie de son équipe pour connaître tous les détails, mais je pense qu’elle n’est tout simplement pas encore prête à enchaîner beaucoup de matches d’affilée « , analyse-t-il.
Selon Rusedski, les exigences du circuit imposent parfois de disputer plusieurs rencontres en très peu de temps, un effort auquel Raducanu n’est pas encore suffisamment préparée physiquement : « On peut parler de malchance, mais il faut aussi être capable de jouer deux matches dans une même journée ou d’enchaîner les rencontres sans baisse physique. Je lui souhaite surtout de retrouver la santé « , conclut-il.
Avant de rêver de nouveaux succès sur le circuit ATP et WTA, Greg Rusedski estime que le tennis britannique doit d’abord résoudre son principal problème : préserver ses meilleurs talents. Sans une amélioration durable de leur condition physique, il sera difficile pour cette génération de répondre aux immenses attentes laissées par l’héritage d’Andy Murray.




