Successeur d’Aimé Jacquet sur le
banc de l’équipe de France après la Coupe du monde 1998, Roger
Lemerre avait joué un rôle essentiel dans la réussite des
Bleus.
Arrivé à la tête de l’équipe de France après l’incroyable
élimination des Bleus pour la Coupe du monde 1994, Aimé Jacquet ne
devait initialement faire qu’une mission d’intérim sur le banc
tricolore. L’ancien Bordelais est finalement resté jusqu’en 1998 et
est entré dans l’histoire du football français en guidant la France
jusqu’au sacre du 12 juillet.
Comme annoncé en amont de la compétition, l’ancien milieu de
terrain a quitté son poste après la victoire des Bleus et milité
auprès de ses dirigeants en faveur de son adjoint, Roger Lemerre.
Et celui-ci pouvait également compter sur le soutien des
joueurs.
Interrogé dans les colonnes de L’Equipe pour évoquer le
titre de 1998, Emmanuel Petit a redit tout le bien qu’il pensait de
l’ancien défenseur central, pour beaucoup dans la bonne humeur qui
régnait dans le groupe. « On ne pouvait pas rêver d’une
meilleure relation humaine et professionnelle qu’avec ce staff,
Aimé, Roger et tous les autres. Roger symbolisait cette
décontraction nécessaire pour désamorcer l’enjeu, dédramatiser
», a-t-il ainsi expliqué.
La blague un peu crue à Jacques Chirac
« C’est lui qui prenait possession des entraînements, et qui
amenait sa bonhomie, son énergie. On a vraiment ri avec lui, aux
ateliers, a-t-il poursuivi. On pouvait le brancher sur son
côté austère et militaire, ou lui dire : « Roger, avec ce
physique-là, comment vous avez pu faire une carrière ? » Il y
avait aussi la blague un peu crue qu’il avait racontée à Jacques
Chirac lors d’une visite à Clairefontaine, et c’était étonnant,
parce qu’en même temps, il était prude, protocolaire, respectueux.
Sa bonhomie était dispersée sur l’ensemble des joueurs. »
De l’aveu même d’un autre cadre des Bleus, David Trezeguet, la
donne avait été totalement différente quatre ans plus tard, au
Japon et en Corée du Sd. Rooger (Lemerre) misait sur l’élan de
l’Euro 2000, en sachant qu’on était forts et qu’il y avait toujours
la qualité pour faire quelque chose de bien. Il donnait de la
continuité depuis 1998 et ça a été catastrophique, un fiasco total,
a-t-il déploré. On n’a pas trop réfléchi aux raisons. Après, il y a
(Jacques) Santini qui vient, c’est une autre histoire. »




