Parti de Lens pour réaliser son
rêve et officier en Premier League, à la tête de Crystal Palace,
Pierre Sage regrette l’interprétation qui a été faite de son
départ.
Pierre Sage a surpris son monde en choisissant de quitter le RC
Lens, début juin, au sortir de l’une des saisons les plus abouties
de l’histoire du club: une belle deuxième place en championnat
doublée d’une victoire inédite en Coupe de France. Sollicité par
Crystal Palace, l’ancien technicien lyonnais a écouté son cœur et
réalisé son rêve de coacher un jouer en Premier
League. Un aboutissement à ses yeux.
« J’en suis venu à me dire que le train ne repasserait
pas, explique-t-il aujourd’hui à L’Equipe. Ça se joue dans
un contexte un peu plus profond me concernant: je n’ai pas eu une
carrière avant. Ma vie professionnelle dans le foot se joue de 45 à
60 ans. Je ne suis peut-être pas sur les mêmes timings que les
autres. » Et d’ajouter non sans malice: « Quand on me dit:
« Tu ne vas pas jouer la Ligue des champions », je
réponds: « Non, mais je jouerai la Ligue des champions tous
les week-ends en Premier League… » »
Reste un choix de carrière mal vécu côté lensois, où l’on a
cherché bien sûr à retenir le stratège du renouveau. « La
proposition (de prolongation avec revalorisation, ndlr)
est venue tard. Ensuite, si j’avais vraiment été le mercenaire
qu’on a bien voulu que je sois, je serais allé en Arabie saoudite
et j’aurais fait fois dix, se défend Pierre Sage. Il y a
eu des rendez-vous, des propositions, avec des conditions
salariales que je n’avais jamais envisagées dans ma vie, très
largement supérieures à celles de Palace. Pareil en Turquie. Les
gens oublient qu’en signant à Lens, je divise mon salaire presque
par deux par rapport à ce que je touchais à la fin à Lyon. Donc ma
logique n’était pas financière, c’était celle d’entraîner en
Premier League. Il y a aussi une indemnité (3 millions
d’euros, plus 2 millions de bonus éventuels, ndlr) qui va
permettre à Lens de payer son nouveau coach pendant son mandat. Ça
aussi, c’est une forme de valorisation. »
Une image faussée ou déformée de la réalité
Le technicien de 47 ans se dit « en paix » mais
désireux aussi « de préciser certaines choses, pour apporter
mon éclairage ». « On a laissé entendre que je les avais
prévenus à la dernière minute (les dirigeants lensois ndlr),
alors que j’avais avancé le délai prévu de réflexion quasiment
d’une semaine », souligne-t-il notamment, trouvant «
injuste » le fait de lui coller une étiquette d’entraîneur
« déloyal ». « On a atteint beaucoup, beaucoup
d’objectifs. Au départ, on était partis sur un projet de trois ans
et, en un an, on a réalisé ce qu’on ne devait peut-être pas faire
en trois ans », plaide-t-il.
Et Pierre Sage de s’adresser ainsi aux supporters Sang et Or: «
Ce que j’aimerais, c’est qu’on ne conjugue jamais le verbe
aimer au passé entre nous. Il y a des choses qui m’ont vraiment
piqué. Mais il y a aussi eu beaucoup de messages de remerciements,
et de personnes qui m’ont écrit qu’elles comprenaient. Je me dis
que cette décision n’est pas hors sol. Elle se joue dans le
contexte de ma carrière particulière, d’une saison réussie et d’un
rêve. »




