Alors que l’Open d’Australie 2026 bat son plein, Emma Raducanu fait parler d’elle… hors des courts. La jeune Britannique a mis fin à sa collaboration avec son entraîneur Francisco Roig après seulement six mois, marquant le huitième changement de coach depuis ses débuts en 2021 — un record rarissime pour une joueuse aussi talentueuse.
Une carrière déjà marquée par l’instabilité
À seulement 23 ans, Raducanu a vécu une trajectoire inhabituelle dans le monde du tennis professionnel. Depuis sa explosive victoire à l’US Open 2021, qui l’a propulsée sous les projecteurs, elle n’a jamais connu de vraie stabilité dans son équipe technique. Aucun de ses entraîneurs n’a duré plus de 14 mois à ses côtés.
Le dernier en date, Francisco Roig — connu pour son rôle auprès de Rafael Nadal tout au long de sa carrière légendaire — s’est séparé de Raducanu après une collaboration entamée en août 2025. Leur travail ensemble n’a pas suffi à inverser une dynamique de résultats irréguliers, et la Britannique a décidé de tourner la page juste après son élimination au deuxième tour en Australie.
Huit entraineurs en cinq ans : un record… qui interpelle
Depuis ses débuts dans l’élite, Raducanu a ainsi enchaîné huit entraîneurs différents : Après son triomphe avec Andrew Richardson à l’US Open, elle a enchaîné les collaborations avec des profils variés — Nigel Sears, Torben Beltz, Dmitry Tursunov, Sebastian Sachs, Nick Cavaday et d’autres — mais aucune n’a duré suffisamment longtemps pour créer une continuité claire dans son jeu ou sa progression.
Cette rotation constante fait jaser dans le milieu : certains observent qu’un coach a besoin de temps pour fabriquer une vraie relation de confiance et un plan tactique durable avec le joueur, un luxe que Raducanu ne s’est jamais vraiment donné. D’autres notent que l’approche trouve ses racines dans une philosophie familiale — son agent évoquant par le passé la volonté de Raducanu et de son entourage de faire rapidement évoluer son environnement pour progresser.
Entre impatience, blessures et quête de repères
La situation soulève plusieurs questions. Raducanu cumule les changements dans un contexte de lutte contre les blessures, de doutes techniques et de résultats en dents de scie depuis son sacre historique à New York. L’ajustement de sa technique, notamment au niveau du coup droit et de la stratégie sur dur, a parfois semblé incohérent ou incomplet — un problème exacerbant le besoin de réajustement constant de son encadrement.
Même si certains coachs ont été de passage rapide ou en période d’essai, ce va-et-vient constant peut nuire à la construction d’un « projet tête et fond de jeu », élément souvent essentiel pour atteindre et rester au sommet du tennis mondial.
Avec le départ de Roig, Raducanu se retrouve à nouveau sans entraîneur attitré à l’orée de nouveaux tournois importants. Si elle a clairement le talent pour rivaliser au plus haut niveau, l’enjeu reste aujourd’hui de trouver la stabilité qui manque cruellement à sa carrière.
La question qui brûle toutes les lèvres : Raducanu trouvera-t-elle enfin le coach qui la fera revenir durablement vers les sommets, ou ce carrousel continuera-t-il de ralentir sa progression ? Une chose est sûre : dans le tennis d’aujourd’hui, la constance hors des courts pèse autant que la performance sur le terrain — un défi que Raducanu n’a pas encore totalement remporté.




