À peine le départ de Cathy Engelbert officialisé que la question de sa succession est déjà posée. Après sept années à la tête de la WNBA, la « commissionner » quittera ses fonctions à la fin de l’année 2026, laissant derrière elle une Ligue transformée économiquement, mais dont les relations avec les joueuses se sont considérablement tendues.
Cathy Engelbert a expliqué travailler sur sa succession depuis plusieurs années et assuré que des candidats internes comme externes avaient déjà été identifiés. La dirigeante pourrait même rester quelques semaines supplémentaires début 2027 si son successeur n’était pas encore en place au 31 décembre.
Selon CBS Sports, parmi les premiers noms à surveiller, celui de Bethany Donaphin apparaît comme l’une des pistes les plus naturelles. Ancienne joueuse de Stanford puis du Liberty, elle travaille au sein de la WNBA depuis plusieurs années et occupe depuis 2018 le poste de « Head of League Operations ».
Elle connaît donc parfaitement le fonctionnement de la Ligue tout en ayant elle-même connu le quotidien d’une joueuse professionnelle. Jamais une ancienne joueuse n’a d’ailleurs encore dirigé la WNBA.
Swin Cash pour renouer le dialogue avec les joueuses ?
L’autre profil particulièrement intéressant est celui de Swin Cash. Triple championne WNBA et membre du Hall of Fame, l’ancienne star du Shock et du Storm possède également une solide expérience dans les bureaux puisqu’elle a passé six années dans l’organigramme des Pelicans, jusqu’à devenir vice-présidente chargée des opérations basket et du développement de l’équipe.
Son profil aurait évidemment une dimension symbolique dans une Ligue où la relation entre le bureau de la « commissionner » et les joueuses s’est nettement dégradée sous Cathy Engelbert. Le fossé était devenu spectaculaire lorsque Napheesa Collier avait violemment chargé la direction de la WNBA en septembre 2025.
Depuis, la Ligue et le syndicat ont tout de même réussi à s’entendre sur une nouvelle convention collective, avec notamment une très forte hausse des salaires et un nouveau partage des revenus. Mais restaurer durablement la confiance avec les joueuses restera l’un des gros dossiers de la prochaine direction.
Nneka Ogwumike « pas qualifiée pour ça »
Deux hauts dirigeants de la NBA sont également cités. Marc Tatum, bras droit d’Adam Silver depuis 2014, connaît déjà très bien le dossier puisqu’il avait supervisé la WNBA par intérim après le départ de Lisa Borders en 2018. Amy Brooks, présidente chargée du développement international et commercial de la NBA, offrirait de son côté un profil davantage tourné vers le business.
Un aspect loin d’être secondaire puisque la WNBA poursuit son développement à marche forcée. Après Golden State, Portland et Toronto, Cleveland, Detroit et Philadelphie doivent rejoindre la Ligue d’ici 2030, pour porter le total à 18 franchises. La WNBA souhaite également disputer ses premiers matchs en Europe ou en Asie.
Le nom de Nneka Ogwumike, longtemps présidente du syndicat des joueuses, revient également régulièrement. Mais l’intéressée a déjà refroidi cette possibilité. « Personnellement, je ne pense pas être qualifiée pour ça », a-t-elle expliqué, tout en n’écartant pas cette possibilité à plus long terme. « Je suis davantage intéressée par des vacances que par un autre travail pour le moment. »
Le prochain dirigeant ou la prochaine dirigeante héritera donc d’une WNBA qui n’a jamais pesé aussi lourd. La valeur des franchises explose, le calendrier va continuer de s’allonger et la Ligue poursuit son expansion. Mais après les dernières années mouvementées du mandat de Cathy Engelbert, le défi sera aussi humain : poursuivre cette croissance sans reproduire la fracture qui s’était installée entre les joueuses et leur « commissioner ».




