Un duel de légende se profile à Budapest : ce samedi à 17h, les tenants du titre en Ligue des champions, le Paris Saint-Germain, affrontent les prétendants au trône, Arsenal, en finale de l’édition 2025-26 à la Puskas Arena.
Les hommes de Luis Enrique visent à faire du PSG la première équipe française à remporter deux Coupes d’Europe consécutives, tandis que les Gunners cherchent à graver leur nom sur le trophée vingt ans après leur premier échec en finale européenne.
Avant-match : PSG – Arsenal
On aimerait bien connaître les pensées de Kylian Mbappé en ce moment.
Alors que l’ancien attaquant parisien tente de désamorcer une fronde populaire au Real Madrid, son ancienne équipe se lance à la conquête d’un deuxième titre européen consécutif — un honneur qu’il n’avait jamais réussi à offrir au PSG malgré une carrière au Parc des Princes par ailleurs brillante.
Privilégiant la cohésion collective aux grandes stars, Enrique — qui pourrait rejoindre Carlo Ancelotti, Pep Guardiola, Bob Paisley et Zinedine Zidane comme cinquième entraîneur à remporter trois Coupes d’Europe — avait réalisé une phase de ligue sans éclat (14 points sur 24 possibles), avant que le PSG ne retrouve son meilleur niveau dans la phase à élimination directe.
Monaco, Chelsea, Liverpool et, plus récemment, le Bayern Munich ont tous été éliminés par les champions d’Europe en titre, qui dominent sans surprise le classement des buteurs de cette édition de la Ligue des champions avec 44 réalisations — à une longueur seulement du record absolu établi par le Barcelone de la saison 1999-2000.
Le PSG n’a été tenu en échec qu’à une seule reprise lors de cette campagne européenne — lors du nul vierge et sans saveur contre l’Athletic Bilbao en décembre — et a inscrit plusieurs buts lors de sept de ses huit rencontres à élimination directe, une série interrompue par le nul 1-1 du match retour de demi-finale face au Bayern Munich.
Les Parisiens ont certes conclu la saison de Ligue 1 sur une défaite 2-1 contre le Paris FC, mais le titre était déjà assuré depuis longtemps. Et le but de Bradley Barcola lors de cette rencontre porte à 27 le nombre de matchs consécutifs au cours desquels le PSG a trouvé le chemin des filets.
Cette finale marque la première confrontation entre deux champions nationaux en Ligue des champions depuis la saison 2019-20, lorsque le PSG avait été battu 1-0 par le Bayern Munich à huis clos — un présage de bon augure pour les supporters d’Arsenal les plus superstitieux.
Il est par ailleurs symbolique que les Gunners jouent leur destin européen face au Paris Saint-Germain, vingt ans après leur déchirante défaite dans la capitale française, où le carton rouge de Jens Lehmann, le but validé malgré le hors-jeu de Samuel Eto’o et le but de Juliano Belletti avaient permis à Barcelone de conquérir l’Europe au détriment d’un Arsène Wenger effondré.
L’illustre technicien français a quitté l’Emirates sans jamais triompher en Ligue des champions, mais son disciple Mikel Arteta n’est plus qu’à 90 minutes d’un doublé Coupe d’Europe-championnat national — un exploit jusqu’ici réalisé par Liverpool (deux fois), Manchester United (deux fois) et Manchester City.
Les sceptiques pointeront le parcours jugé « facile » d’Arsenal jusqu’à Budapest, mais les champions de Premier League ont mérité leur place dans la partie favorable du tableau grâce à une phase de ligue parfaite, avant de dominer Bayer Leverkusen, le Sporting Lisbonne et l’Atlético Madrid pour atteindre la Hongrie.
Toujours invaincus en Europe cette saison, Arsenal sont déjà la première équipe à rester sur 14 matchs sans défaite lors d’une seule campagne en Ligue des champions, au cours de laquelle ils ont également réalisé neuf clean sheets — un record, à égalité avec le Barcelone de 2005-06 et le Real Madrid de 2015-16, qui avaient chacun tenu dix portes inviolées.
La victoire 2-1 d’Arsenal en Premier League à Crystal Palace le week-end dernier — qui avait précédé la levée tant attendue du trophée — représentait leur cinquième succès consécutif toutes compétitions confondues. Il convient toutefois de noter que six de leurs sept dernières victoires ont été acquises par un seul but d’écart, la seule exception étant le 3-0 contre un Fulham décimé par les maladies.
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Arteta avait orchestré une victoire 2-0 face au PSG lors de la phase de ligue de la saison précédente, avant qu’Enrique ne prenne sa revanche en éliminant Arsenal en demi-finales. Un an plus tard, embrasser le trophée de la Ligue des champions constituerait la plus douce des revanches.
Forme du PSG en Ligue des champions :
V V V V V N
Forme du PSG (toutes compétitions) :
V N N V V D
Forme d’Arsenal en Ligue des champions :
N V V N N V
Forme d’Arsenal (toutes compétitions) :
N V V V V V
Composition des équipes : PSG – Arsenal
Le coach parisien Enrique a eu le luxe de ménager certains cadres lors de la dernière journée de Ligue 1, bien que sa décision de titulariser Ousmane Dembélé se soit retournée contre lui : le vainqueur du Ballon d’or a dû céder sa place après seulement 27 minutes en raison d’une alerte aux mollets.
Son remplacement était toutefois largement préventif, et Enrique a assuré qu’il serait apte à mener l’attaque aux côtés de Désiré Doué et Khvicha Kvaratskhelia pour reformer le redoutable trio offensif parisien.
Le latéral gauche Nuno Mendes devrait également se remettre à temps d’une gêne aux cuisses pour figurer dans le onze de départ, ce qui ne sera pas le cas d’Achraf Hakimi, victime d’une blessure musculaire aux ischio-jambiers lors du match aller épique contre le Bayern.
Warren Zaïre-Emery devrait donc évoluer en latéral droit de fortune pour les champions, qui pourraient toujours être privés de Lucas Chevalier (cuisse), mais Matvey Safonov s’est imposé comme le gardien numéro un d’Enrique.
Les deux latéraux droits titulaires pourraient être contraints de suivre la finale depuis les tribunes : Jurrien Timber n’a plus joué depuis avant la trêve internationale de mars en raison d’une blessure à l’aine plus sérieuse que prévu.
Timber a certes récemment donné des nouvelles encourageantes, mais rien ne garantit qu’il sera en état de débuter après huit semaines d’absence — un casse-tête particulièrement épineux à résoudre pour Arteta, d’autant que Ben White (genou) est lui définitivement forfait.
L’expérience de Declan Rice en tant que latéral droit avait tourné court à West Ham United : c’est donc Cristhian Mosquera qui pourrait hériter de la mission délicate de museler Kvaratskhelia, si Timber — convoqué pour le rassemblement des Pays-Bas en vue de la Coupe du monde — n’est pas aligné d’entrée.
L’ailier Noni Madueke devrait de son côté se remettre à temps d’une alerte aux ischio-jambiers pour être disponible, mais il était de toute façon voué à laisser sa place à Bukayo Saka ce week-end.
Compositions probables :
PSG : Safonov ; Zaïre-Emery, Marquinhos, Pacho, Mendes ; Neves, Vitinha, Ruiz ; Doué, Dembélé, Kvaratskhelia
Arsenal : Raya ; Mosquera, Saliba, Gabriel, Hincapié ; Lewis-Skelly, Rice ; Saka, Ødegaard, Trossard ; Gyökeres
Notre pronostic : PSG – Arsenal 2-1 (a.p.)
Le cliché de la force irrésistible contre la défense infranchissable n’a jamais été aussi pertinent, avec les meilleurs attaquants de la Ligue des champions face à la meilleure défense de la compétition.
Le redoutable secteur offensif parisien va sans doute connaître son test le plus exigeant à ce jour, et avec seulement cinq clean sheets en Ligue des champions cette saison, la défense d’Enrique est loin d’être imperméable.
Cependant, la perspective de Kvaratskhelia face à un Mosquera inexpérimenté ou un Timber à 70% de ses capacités est une source d’inquiétude réelle pour les supporters d’Arsenal, qui semblent promis à un nouveau rôle de dauphin européen au terme d’un duel de deux heures.



