Les Cavaliers avaient gagné six matchs sur six dans l’Ohio depuis le début des playoffs. Et perdu les cinq disputés loin de Cleveland. Il fallait donc bien finir par répondre à cette question : cette équipe pouvait-elle gagner un match dur, moche, étouffant, loin de ses bases ?
À Detroit, la réponse est enfin arrivée. Pas dans la maîtrise ni dans le confort, mais dans la boue et le chaos. Menés de huit points dans les dernières minutes, les joueurs de Kenny Atkinson ont arraché la prolongation, avant de faire basculer ce Game 5 pour signer leur première victoire à l’extérieur dans cette postseason.
« De la résilience, du caractère. Il a fallu tout donner », résumait James Harden. « Possession après possession, il fallait trouver des moyens de gagner, mettre le ballon dans les mains d’Evan [Mobley], obtenir des stops. Ce n’était pas notre meilleur soir offensivement, mais ça en dit long sur cette victoire : on a trouvé un moyen. »
Cette formule, les Cavaliers l’ont longtemps cherchée en déplacement. Trop friables, trop nerveux, trop dépendants de leur adresse ou de leur public, ils avaient jusque-là échoué à imposer leur basket hors de l’Ohio. Cette fois, ils ont survécu à leurs approximations, aux ballons qui traînent, aux possessions cassées et à la pression.
« On espère que ça va nous propulser, nous galvaniser », expliquait Kenny Atkinson. « C’était une victoire où on a été testés au combat, contre une sacrée équipe, à l’extérieur. Je pense qu’on construit la dureté mentale avec des matchs comme ça. On construit une peau plus épaisse. »
Une victoire qui renverse la pression
Le coach des Cavaliers a surtout aimé la manière, pas seulement le résultat. Ce 9-0 dans les trois dernières minutes du temps réglementaire, porté par Evan Mobley et Max Strus, a ressemblé à un déclic collectif.
« On était menés de huit ou neuf points, et cette séquence dit beaucoup de notre progression, de notre progression mentale, de notre dureté mentale », insistait Kenny Atkinson. « Ces gars ne baissent jamais la tête. Ils ont une super attitude, un super leadership avec Donovan, Evan et James. »
L’arrivée de James Harden pèse dans ces moments. Même maladroit, l’ancien MVP stabilise le groupe. « Il aide beaucoup », confirme son entraîneur. « On ne sait jamais s’il est mené de 20 points ou s’il mène de 20 points, car il reste tout le temps calme. Il ajoute de la maturité, du sang-froid et du calme à notre groupe. On en avait besoin. »
Surtout, cette victoire renverse la pression dans cette série. Cleveland rentre chez lui avec une balle de match et l’occasion d’éviter un Game 7 à Detroit. « Ça va nous donner de l’élan pour le prochain match », prévient Kenny Atkinson. « J’ai déjà été dans cette position et perdu ce Game 6. Et là, ça met beaucoup de pression sur vous dans un Game 7, surtout quand il faut retourner à l’extérieur. »
Désormais, les Cavaliers ont l’occasion de boucler la série à domicile et ce sont les Pistons qui sont dos au mur.




