Patrick Mouratoglou a pris la défense de la Laver Cup, après une nouvelle édition qui a suscité des réactions contrastées chez les amateurs de tennis.
De retour à Londres cette année, la compétition a vu l’équipe Europe s’imposer 13-5 face à l’équipe Monde à l’O2 Arena. Alexander Zverev a offert le point décisif à son équipe en battant Learner Tien 7-6(3), 6-3, permettant à l’Europe de décrocher son sixième titre dans l’épreuve.
Le tournoi réunissait une nouvelle fois plusieurs joueurs de renom, parmi lesquels Carlos Alcaraz, Alexander Zverev, Taylor Fritz et Alex de Minaur.
La Laver Cup continue toutefois d’être critiquée par une partie du public, notamment parce qu’elle ne distribue aucun point au classement et que la sélection des joueurs diffère de celle des tournois ATP traditionnels.
Certains se demandent également pourquoi les joueurs manifestent autant d’émotion lorsqu’ils remportent des matches dans une compétition souvent qualifiée d’exhibition.
Une description que Patrick Mouratoglou conteste.
Mouratoglou répond aux critiques contre la Laver Cup
« Je n’arrive pas à croire combien de personnes écrivent que les réactions des joueurs lorsqu’ils gagnent à la Laver Cup ne sont pas normales. “Ce n’est qu’une exhibition.” La Laver Cup n’est pas une exhibition. C’est une compétition alternative », a écrit Mouratoglou.
L’entraîneur français a souligné que les joueurs de tennis passent l’essentiel de la saison à évoluer dans un environnement presque identique, semaine après semaine.
« C’est une manière moderne de mettre le tennis en valeur. Cela correspond aux attentes du public et des joueurs. Et c’est exactement ce dont le tennis a besoin. La dynamique est complètement différente de celle du circuit traditionnel. Cela les rend-il moins compétitifs ? Je ne vois aucun problème à ce qu’ils entretiennent des relations amicales tout en restant compétitifs sur le court. »
Mouratoglou a ensuite comparé cette expérience à des vacances entre amis, avec toutefois un enjeu sportif bien réel.
« On a l’impression de partir en vacances avec ses amis. Mais pendant ces vacances, on dispute des matches de compétition. Et gagner ou perdre devient une question de vie ou de mort. »
À 56 ans, le technicien estime que l’une des raisons pour lesquelles les joueurs apprécient autant la Laver Cup tient au caractère répétitif de leur quotidien sur le circuit ATP.
« Pourquoi aiment-ils autant cette compétition ? Je pense qu’il est difficile pour les joueurs de faire la même chose semaine après semaine. Le même type de compétition. Les mêmes règles. Tout est identique. Imaginez une année. Puis une deuxième. Puis une troisième.
À un moment donné, il est facile de s’ennuyer, d’arriver à saturation et de ressentir une fatigue mentale. Ces compétitions sont totalement rafraîchissantes. Elles permettent aux joueurs de voir le tennis d’une manière complètement différente. »
Les joueurs ont évoqué une atmosphère différente
Alcaraz est l’un des joueurs à s’être exprimés sur le sujet avant le tournoi de Londres.
L’Espagnol a critiqué à plusieurs reprises la longueur du calendrier tennistique et estimé que les joueurs avaient besoin de davantage de pauses au cours de la saison.
Âgé de 23 ans, il a pourtant choisi de participer à la Laver Cup, alors qu’il aurait pu profiter de cette semaine pour se reposer ou s’entraîner.
« Nous n’avons pas l’habitude de jouer des compétitions par équipes. Pendant toute l’année, nous n’avons jamais de compétitions par équipes », a déclaré Alcaraz.
« Pour moi en particulier, j’adore les compétitions par équipes. J’aime passer du temps avec eux et m’amuser. Comme vous avez pu le voir l’année précédente, j’ai pris énormément de plaisir sur le court comme en dehors.
C’est une semaine durant laquelle, comme vous l’avez dit, j’aurais pu m’entraîner ou me reposer. Mais ce type de semaine m’aide beaucoup à retrouver la joie de jouer, la joie de pratiquer le tennis. Cela m’aide aussi beaucoup pour les tournois suivants, lorsqu’il ne s’agit pas de compétitions par équipes. »
Alcaraz s’est également montré très actif depuis le banc durant la compétition. Le septuple vainqueur en Grand Chelem a régulièrement échangé avec ses coéquipiers et leur a prodigué des conseils pendant leurs matches.
Alex de Minaur a lui aussi expliqué, après l’épreuve, pourquoi il apprécie ce type de compétition.
« Je m’épanouis simplement dans ce genre d’environnement, n’est-ce pas ? Je les attends avec impatience chaque année. La saison sur le circuit est longue et, lorsque vous avez l’occasion de jouer pour quelque chose qui dépasse votre seul intérêt personnel, cela apporte une énergie supplémentaire », a déclaré l’Australien.
C’est précisément ce que la Laver Cup cherche à créer depuis sa première édition, en 2017.
Roger Federer, qui a contribué à la création de l’événement avec Tony Godsick, a lui aussi souvent évoqué ces moments durant lesquels les joueurs peuvent côtoyer des adversaires habituellement de l’autre côté du filet.
Le Suisse s’était notamment souvenu avoir joué aux côtés de Novak Djokovic en 2018. Une expérience qui lui avait permis de découvrir une facette totalement différente du Serbe.
« J’ai aimé passer du temps avec Novak », avait déclaré Federer.
« J’ai toujours pensé que nous nous entendions bien et que nous nous respections, sur le court comme en dehors. Mais pouvoir le soutenir, être soutenu par lui, traverser ce processus ensemble, discuter tactique, parler de l’équipe, décider de qui devait jouer et découvrir aussi Novak dans son rôle de leader, c’était vraiment agréable et rafraîchissant pour moi. »
L’édition 2026 est désormais terminée. En 2027, la compétition se déroulera à Inglewood, en Californie.
À en juger par les réactions des joueurs, ceux-ci apprécient particulièrement ce format et estiment que la Laver Cup leur permet de révéler une autre facette de leur personnalité, en jouant sans subir la même pression ni l’immense stress qui accompagnent les tournois traditionnels.
À l’inverse, les supporters semblent clairement privilégier l’adrénaline et la lutte pour les points au classement.












