Patrick Mouratoglou traverse une zone de turbulences… qu’il semble lui-même alimenter avec un certain plaisir. Depuis plusieurs jours, l’entraîneur français s’est mué en polémiste permanent du tennis mondial, multipliant les sorties tranchantes, parfois provocatrices, souvent discutables. À tel point qu’il est désormais impossible de parler de lui sans évoquer le bruit qu’il génère.
Tout a commencé avec ses déclarations fracassantes sur le Big Three, affirmant que Carlos Alcaraz et Jannik Sinner jouaient « mieux au tennis » que Federer, Nadal et Djokovic. Une sortie qui n’a pas tardé à faire réagir Rafael Nadal en personne, visiblement peu convaincu par cette réécriture express de l’histoire.
Mais loin de calmer le jeu, Mouratoglou a choisi d’en rajouter une couche en affirmant que Sinner était meilleur que Nole et que si le Serbe a remporté la demi-finale à Melbourne, ce n’était que le fait des multiples erreurs du jeune Italiens. Des dires qui font jaser mais Mouratoglou ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Djokovi frappé par le manque de motivation
Cette fois, c’est Novak Djokovic qui se retrouve dans le viseur. Et pas sur un détail anodin. Selon le technicien français, si le Serbe n’a pas encore décroché son 25e titre du Grand Chelem, ce ne serait ni une question d’âge, ni de niveau… mais de motivation. Une affirmation pour le moins audacieuse, quand on parle de l’un des compétiteurs les plus obsessionnels que le sport ait connus : « Son vrai problème est son manque de motivation, c’est ce qui l’empêche de remporter un autre Grand Chelem. Ce n’est pas le niveau ni l’âge. S’il le voulait vraiment, il trouverait le moyen d’élever encore son niveau « , a-t-il lâché, comme une sentence définitive.
La última de Mouratoglou:
“Djokovic no está lo suficientemente motivado para ganar el 25. Si lo hubiera estado, ya lo habría logrado”
Empiezo a pensar que lo único que quiere es que se hable de él. Da igual si mal o bien. pic.twitter.com/eU7VfMfc1q
— José Morón (@jmgmoron) February 7, 2026
Des mots qui laissent perplexe. Sous-entendre que Djokovic, à 38 ans, après avoir tout gagné et tout sacrifié pour rester au sommet, manquerait de faim relève presque de la provocation gratuite. Surtout quand le Serbe sort d’un Open d’Australie où il a battu Sinner dans un combat épique avant de pousser Alcaraz dans ses derniers retranchements en finale.
Du tapage médiatique à la pelle
À force de vouloir occuper l’espace médiatique, Mouratoglou donne l’impression de glisser du rôle d’entraîneur reconnu à celui d’opinioniste professionnel, tertuliano universel du tennis, quitte à forcer le trait. Chaque déclaration semble désormais pensée pour créer l’incendie suivant, sans toujours s’appuyer sur une logique sportive solide.
Une chose est sûre : Patrick Mouratoglou réussit son pari. On parle de lui. Beaucoup. Mais à mesure que les polémiques s’enchaînent, une question s’impose : à trop vouloir exister par la controverse, ne risque-t-il pas de diluer la crédibilité d’un discours qui, autrefois, faisait autorité ? Le tennis, lui, n’a sans doute pas besoin de bruit. Il a surtout besoin de respect pour ceux qui l’ont façonné.




