À 38 ans, Novak Djokovic n’est plus censé avoir quoi que ce soit à prouver. Et pourtant, une simple question posée lors de lOpen d’Australie 2026 a suffi à rallumer le feu.
En conférence de presse, après sa qualification pour les demi-finales, un journaliste lui suggère qu’il est désormais en train de “courir derrière” Jannik Sinner et Carlos Alcaraz — comme il l’avait fait au début de sa carrière avec Roger Federer et Rafael Nadal.
Djokovic coupe court. Question “irrespectueuse”. Réponse froide : il ne poursuit personne, il écrit sa propre histoire.
Un ego touché
Mais selon le coach de renom Patrick Mouratoglou, cette séquence a laissé une trace. Dans une publication LinkedIn et comme reporté par Tennis365, le Français décrypte le moment. Et pour lui, ce n’était pas anodin : « J’entends beaucoup de gens dire que si Novak Djokovic gagne un 25e Grand Chelem, il devrait s’arrêter. Je ne crois pas une seule seconde à ça. Pendant cet Open d’Australie, un journaliste a demandé à Novak s’il était désormais en train de poursuivre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, après avoir poursuivi Roger Federer et Rafael Nadal. Novak a répondu calmement : “Je ne poursuis personne. Je crée ma propre histoire.” Mais cette question l’a profondément blessé . Voir Novak Djokovic comme quelqu’un qui court derrière les autres, au lieu d’être celui que tout le monde poursuit, touche son ego. Et quand vous touchez l’ego de Novak, quelque chose se réveille. «
Et ce réveil, selon Mouratoglou , s’est vu sur le court
En demi-finale, Djokovic renverse Sinner au terme d’un combat en cinq sets. Pas forcément en dominant tout le match, mais en redevenant chirurgical quand ça compte : « On l’a vu en demi-finale contre Jannik Sinner. Novak a trouvé un moyen. Pas parce qu’il était supérieur tennistiquement, mais parce que dans les moments importants, il est redevenu Novak Djokovic. Ce match était une réponse. «
Une réponse à la question. Une réponse au doute. Une réponse à l’idée qu’il serait désormais le chasseur.
Une finale trop vertigineuse
La finale contre Alcaraz ? Défaite en quatre sets. Mais là encore, Mouratoglou refuse la lecture simpliste du déclin : « Ensuite, il y a eu la finale contre Carlos Alcaraz. Novak a perdu. Et non, ce n’était pas parce que son niveau de tennis a disparu. Le seul véritable obstacle entre Novak Djokovic et les titres du Grand Chelem aujourd’hui, c’est la motivation. «
Le constat est fort. Pour le coach français, Djokovic a déjà atteint le sommet ultime : « Il a accompli l’objectif de sa vie : devenir le plus grand de tous les temps. Une fois cette montagne gravie, la motivation baisse naturellement. Si la motivation revient demain, il peut rivaliser avec n’importe qui, à chaque fois. «
Physiquement, évidemment, le temps fait son œuvre.
« Bien sûr, physiquement, les choses sont différentes. Il ne récupère plus comme avant. Mais il est en forme. Il peut se préparer. Il peut gérer les matches. Il peut encore atteindre les dernières phases des Grands Chelems et rivaliser. » conclut le Tricolore.
En clair : le problème n’est pas le niveau. Ce n’est pas le talent. Ce n’est même pas vraiment l’âge. C’est la flamme. Et si une simple question peut raviver l’ego d’un champion comme Djokovic, alors le circuit ferait bien de faire attention à ce qu’il demande. Parce que quand Novak se sent attaqué, il ne parle pas. Il répond sur le court.




