Mathieu Valbuena, qui a fêté ses 41 ans en septembre dernier,
conclut sa grande carrière à l’Olympiakos et plus précisément en
équipe réserve du club du Pirée, afin de préparer sa reconversion
en tant qu’entraîneur (il s’occupera d’abord des jeunes). L’ancien
international français (52 sélections, 8 buts) a posé ses valises
en Grèce en 2019 pour briller avec l’Olympiakos puis Kallithéa, un
autre club d’Athènes, en se montrant exemplaire dans son rôle de
meneur de jeu comme il l’a fait dans tous ses autres clubs.
Valbuena ne vient pas exactement du football amateur comme cela
avait été présenté à son arrivée à l’OM en 2006 en provenance de
Libourne-Saint-Serin. Le natif de la région bordelaise est passé
par un centre de formation, celui des Girondins, mais n’a pas reçu
de contrat professionnel à l’âge de 18 ans, après quelques
apparitions en équipe réserve. Il était jugé trop petit pour passer
pro selon le FCGB, ce qui ne lui a pas empêché de s’imposer à l’OM
quelques années plus tard. Il a été le « Petit Vélo » d’Eric Gerets
chez les Marseillais puis l’un des joueurs décisifs des champions
de France 2010 sous Didier Deschamps, pour un bilan XXL de 330
matches de 2006 à 2014. Le sélectionneur des Bleus en a ensuite
fait son meneur de jeu jusqu’à l’affaire de la sextape en octobre
2015.
Mathieu Valbuena raconte la première désillusion de sa carrière,
cette « terrible nouvelle », dans une interview à la
chaîne YouTube My Obam Show. Un départ des Girondins de
Bordeaux qui a été « très dur à accepter » mais qui l’a
mis sur « d’autres chemins pour [se] forger encore plus au
niveau du caractère ».
Mathieu Valbuena: « Ma morphologie s’est développée
beaucoup plus tard »
« Certes, j’ai été affecté, car quand tu as 18 ans, ton
moral n’est pas aussi fort qu’après. Mais je pense que cette
décision-là a été un mal pour un bien pour moi. C’est vrai que les
raisons étaient plus sur le physique, on ne pensait pas que je
pouvais passer le cap pour un jour être professionnel. Ma
morphologie s’est développée beaucoup plus tard. C’est vrai,
j’étais très petit, très frêle par rapport aux autres joueurs de ma
génération, comme Marouane (Chamakh) ou
Rio Mavuba. C’était différent, eux étaient déjà avec les pros.
J’étais avec les 18 ans, et j’avais fait quelques matches avec la
réserve et ça ne s’était pas très bien passé »,
raconte-t-il.
Valbuena a continué ses études en parallèle, obtenant un BEP
vente après son bac pro. Il raconte son retour à la réalité: «
De passer à des entrainements tous les jours à trois fois par
semaine, c’est là que tu prends un petit coup… Quand j’ai rejoint
Langon (en cinquième division, ndlr), ça m’a permis de me
confronter au niveau amateur, avec des gens qui avaient de la
bouteille, de l’expérience. Il fallait que je sois aussi plus fort
physiquement, avec des contacts, toutes ces choses-là. Il a fallu
que je passe par d’autres steps que d’y aller directement. Je n’ai
rien lâché parce que c’est ce que j’avais envie de faire. J’ai eu
d’autres propositions pour travailler dans des mairies et des
clubs, pour toucher un salaire tout à fait honorable. Mes parents
m’ont toujours aidé pour trouver la meilleure solution et j’ai
refusé pas mal de choses car j’avais le seul but d’être
professionnel ». Un exemple de résilience.




