Même diminué, Nikola Jokic ne voulait pas abandonner ses coéquipiers. L’intérieur des Nuggets n’a inscrit que 8 points, avec 8 rebonds et une seule passe décisive, lors de la victoire de la Serbie en Italie (76-64). Une prestation inhabituellement discrète pour le triple MVP, limitée à 24 minutes et seulement quatre tirs tentés.
Mais Dusan Alimpijevic a rapidement apporté une explication après la rencontre : son capitaine était malade depuis plusieurs jours et avait même dû être placé sous perfusion…
« Ce monsieur, qui était encore ici il y a quelques secondes et qui est le capitaine de cette équipe, a été très, très malade ces trois derniers jours », a expliqué le sélectionneur serbe. « Il a refusé d’abandonner et de quitter cette équipe. Il est venu jouer, ne s’est jamais plaint auprès de nous et il a fait ce qu’il avait à faire. Nous sommes tellement fiers d’avoir un capitaine comme lui. »
Le brassard de capitaine change beaucoup de choses
Pourquoi Nikola Jokic a-t-il absolument tenu à jouer alors que la situation aurait facilement pu justifier son forfait ? Sans doute parce que son rapport à la sélection serbe a pris une dimension supplémentaire cet été.
En l’absence de Bogdan Bogdanovic, Nikola Jokic a été nommé capitaine de la Serbie pour ces qualifications à la Coupe du Monde 2027. Un rôle inédit dans sa carrière et qu’il avait accueilli avec beaucoup de gravité.
« C’est un honneur et un privilège », expliquait-il en juin, tout en expliquant ne pas être certain de mériter cette responsabilité au regard des grands capitaines qui l’avaient précédé. « Le coach me l’a donnée, donc je vais essayer de faire honneur à ce rôle sur le terrain. »
Il y avait également chez lui une forme de dette à régler. Grandissime favorite de l’EuroBasket 2025, la Serbie avait été éliminée dès les huitièmes de finale par la Finlande, malgré les 33 points de Nikola Jokic.
Lorsqu’il avait retrouvé la sélection cet été, le pivot de Denver avait ainsi admis ressentir une forme de culpabilité après cet échec. Son objectif : aider la Serbie à retrouver sa vraie place dans le basket international.
« Il vit pour la sélection »
Dusan Alimpijevic avait d’ailleurs insisté sur ce point avant même le début des fenêtres estivales. Contrairement à l’image parfois renvoyée par les hésitations de Nikola Jokic à participer à certaines compétitions par le passé, son nouveau sélectionneur assure que son engagement n’a jamais fait de doute depuis sa prise de fonctions.
« Il vit vraiment pour la sélection », expliquait-il sur son capitaine, rappelant que Nikola Jokic avait appelé ses coéquipiers pour les remercier d’avoir répondu présent lors des fenêtres auxquelles il n’avait pas participé.
Le principal intéressé avait lui-même décrit ce que représentait désormais le maillot national à ses yeux. Si jouer avec Denver reste évidemment au cœur de sa carrière, les émotions sont différentes lorsqu’il rejoint la Serbie.
« Ici, vous représentez votre ville, votre pays et votre famille. Les émotions sont incroyablement fortes », confiait-il cet été. Voilà sans doute pourquoi, malade et diminué, il était tout de même sur le parquet de Pesaro.
Et la Serbie avait besoin de lui. Après avoir commencé ces qualifications par deux défaites contre la Turquie, elle affiche désormais un bilan de six victoires pour deux défaites. Deuxième du groupe J derrière la Turquie (8-0), déjà qualifiée, elle possède désormais une victoire d’avance sur l’Italie (5-3) et deux sur la Lituanie (4-4).




