La demi-finale aller de la Ligue
des champions entre le PSG et le Bayern reste dans toutes les
mémoires. Celle de Michel Platini notamment.
Figure emblématique du football français, Michel Platini s’est
livré longuement à L’Equipe, partageant sa vision romantique du
ballon rond et s’avouant volontiers révulsé par l’évolution de la
discipline qu’il a tant aimée. Le triple Ballon d’Or (1983, 1984,
1985) ainsi n’y va pas par quatre chemins dans son analyse: «
Le football professionnel ce sont désormais des marques et des
mercenaires… »
« On jouait pour une équipe, pour les supporters, se
souvient nostalgique l’ancien meneur de jeu de l’équipe de
France, devenu notamment sélectionneur des Bleus puis
patron de l’UEFA. Aujourd’hui, ils disent: « Je veux
rentrer dans l’histoire ». Mais ils ne sont pas attachés à des
clubs ni des publics. »
Aujourd’hui encore, c’est en passionné de football que
l’intéressé suit les matches, sans parti pris aucun. « Un beau
geste défensif, un bel arrêt de gardien, c’est aussi beau qu’un but
marqué », souligne Michel Platini, non sans égratigner la
fameuse demie de C1 qui en avril dernier a donné lieu à un match
totalement débridé entre le PSG et le Bayern (victoire parisienne
5-4).
Du showbiz plus que du football
« Les goals sont des passoires et les défenseurs des
archi-passoires, ils encaissent neuf buts et on définit cela comme
le match du siècle ? s’interroge l’ex-maestro. On est
vraiment dans le showbiz en ce moment… Après, deux milliards de
personnes parlent de football et expriment leur sentiment. Moi, je
ne suis qu’un sur ces deux milliards et je n’ai peut-être pas
toujours raison. »
A contre-courant, Michel Platini le demeure bien volontiers du
reste pour donner son avis sur la Ligue 1. « On est sévère avec
notre championnat, estime-t-il. Je suis abonné à Ligue 1+.
Il n’y a que des bons matches parce que je regarde les joueurs et
qu’on a une école de formation de haut niveau. Je ne vois pas le
problème qu’il y a dans le football français. »




