Javier Tebas contre Gianni
Infantino : le président de LaLiga a tiré à boulets rouges sur le
patron de la FIFA.
Le monde du football est habitué aux
joutes verbales de Javier Tebas, mais le patron de LaLiga vient de
franchir un nouveau cap dans la confrontation. Dans une interview
accordée au quotidien italien La Gazzetta dello Sport, le dirigeant
espagnol s’en est pris frontalement et sans concession au président
de la FIFA, Gianni Infantino. Accusations de cynisme commercial,
gouvernance verrouillée et mise en danger de l’écosystème global :
Tebas livre un réquisitoire au vitriol contre la politique menée
depuis Zurich.
Le constat de départ de Javier Tebas est
sans équivoque et résonne comme un cri d’alarme : « La FIFA
détruit l’industrie du football. » Pour le président du
championnat espagnol, l’instance internationale agit de manière
unilatérale sans se soucier de l’équilibre économique des ligues
nationales ni de la santé physique des acteurs du jeu. Selon lui,
le règne du dirigeant italo-suisse a atteint ses limites, au point
de réclamer publiquement son départ : « Son temps est révolu.
»
Mais Javier Tebas se fait peu d’illusions
sur un possible changement de cap volontaire de la part du patron
de l’instance internationale. Il pointe du doigt la mécanique
politique interne qui protège le pouvoir en place. « Il ne
devrait pas rester, mais il ne partira pas, lance-t-il.
C’est le système, et il est pourri jusqu’à la moelle. »
Selon lui, le verrouillage par les fédérations membres empêche
toute véritable opposition d’émerger pour contester le bilan
d’Infantino.
« Ce sont les compétitions
nationales qui font vivre ce sport »
Au cœur de cette colère figure la boulimie
de nouvelles compétitions et l’élargissement permanent des formats
existants. Face aux réflexions sur de futures expansions des
tournois internationaux, Tebas s’insurge« Augmenter le nombre
d’équipes nationales n’a aucun sens. Ce sont les compétitions
nationales qui font vivre ce sport », assène-t-il encore. Pour
le dirigeant espagnol, la FIFA surcharge un calendrier déjà
asphyxié, affaiblissant les championnats locaux qui financent
quotidiennement l’industrie.
Enfin, c’est sur le terrain du marketing
que Tebas porte le coup le plus ironique, dénonçant l’hypocrisie
des pauses d’hydratation imposées durant certains matchs
internationaux : « Les pauses pour s’hydrater n’étaient là que
pour les publicités, c’était un mensonge. En Liga, nous en avons
aussi, mais seulement quand il fait très chaud. Or, dans certains
stades, il y avait tout simplement la climatisation. J’ai même dû
enfiler un pull ! »




