Face à Jalen Brunson, le problème n’est pas seulement de savoir où il va aller. C’est surtout de comprendre quand il va déclencher son tir. LeBron James et Steve Nash en ont parlé dans leur podcast « Mind the Game ».
« Ce que j’aime chez lui, au-delà de sa capacité à mettre des tirs, c’est qu’il est tellement intelligent dans l’utilisation de son corps », explique ainsi Steve Nash. « On sait qu’il utilise des appuis à deux pieds. On sait qu’il a un toucher incroyable sur ses drives. »
Jalen Brunson échappe ainsi aux lectures classiques car ses tirs près du cercle ne rentrent pas vraiment dans les cases habituelles. « Ce n’est presque pas un floater, pas un layup, pas un runner. C’est juste un tir. » Un tir pris « en mouvement, avec un défenseur collé à lui », mais sur un tempo qui désoriente ses adversaires.
« C’est une question de timing décalé », poursuit LeBron James. « Quand tu le défends, tu ne peux pas anticiper, parce que tu ne sais pas quand ça part. Ce n’est pas naturel. Il avance, puis il lance juste le ballon. »
Cette capacité à casser le rythme du défenseur est au cœur de son efficacité. Jalen Brunson n’a pas besoin d’exploser au-dessus de tout le monde. Il gagne d’abord avec son corps, ses appuis, ses arrêts et ses micro-décalages. « Il te fait parfois pencher d’un côté, puis il attaque. Et il recommence encore et encore. »
Couper la route pour prendre le contrôle
L’autre aspect mis en avant, c’est sa façon de couper la trajectoire de son défenseur. « J’essaie d’apprendre ça aux jeunes meneurs : utiliser le corps et couper la route des défenseurs » analyse encore Steve Nash. En se plaçant devant son vis-à-vis, Jalen Brunson change ainsi le rapport de force. « Tu peux lui rentrer dedans et c’est faute. Donc il faut être plus conservateur. Et c’est lui qui fixe les termes de la défense. »
Une façon d’arrêter le jeu et de voir les ouvertures plus clairement. « Tu as stoppé le jeu. Et maintenant, si l’intérieur monte sur toi, tu as une ouverture directe sur le lob. Si l’aide du corner arrive, tu la vois. Tu peux dire : ‘Le jeu va redémarrer quand je le déciderai’ et tu joues un 4-contre-3, un 3-contre-2 ou un 2-contre-1. »
Jalen Brunson ne subit donc pas le rythme de la défense, il le suspend en s’arrêtant dans l’espace qu’il vient de créer. « Il est tellement bon pour prendre ces petits avantages, ou ces grands avantages, arrêter le jeu, créer un espace pour lui-même et demander à la défense : qui va venir défendre cet espace ? »
Son statut de gaucher ajoute encore une couche d’inconfort, assure également LeBron James. « Être gaucher, ça change aussi les choses. La ligue est composée à 90 ou 95 % de droitiers. Les gauchers dynamiques, c’est parfois difficile de comprendre leur rythme. Manu Ginobili, James Harden, maintenant Jalen Brunson… C’est une sensation différente quand un joueur t’attaque main gauche. » Et ça peut mener jusqu’au titre !




