Jrue Holiday ? 39.2% de réussite à 3-points. Donte DiVincenzo ? 37.9%. Khris Middleton ? 41.4%. P.J. Tucker ? 39.4%. Et même Brook Lopez, 33.8% mais avec près de quatre tentatives par match. Voici comment les Bucks avaient entouré Giannis Antetokounmpo dans leur quête du titre en 2021. Sans oublier les Bobby Portis, Jeff Teague, Pat Connaughton, Bryn Forbes et Sam Merrill, tous au-dessus des 37 % derrière l’arc cette saison-là.
Avec une armée de shooteurs à tous les postes, Milwaukee avait trouvé un des éléments clés pour exploiter au mieux les qualités de sa star grecque. C’est désormais au tour du Heat de s’atteler à la tâche après le transfert du double MVP en Floride. Et cela ne s’annonce pas être une mince affaire.
Giannis Antetokounmpo arrive dans une équipe de Miami où l’attaque misait bien plus sur le rythme que sur l’adresse pour faire des dégâts. La formation d’Erik Spoelstra comptait la deuxième moyenne de points de la ligue (120.9 points par match) grâce au meilleure « pace » de toute la NBA, mais avec « seulement » le 13e « Offensive Rating » et une place en milieu de tableau pour ce qui est du tir longue distance : 15e aux tirs à 3-points tentés comme réussis, et 11e à l’adresse avec 36.1%. Pas franchement une armada taillée sur mesure pour la patte Giannis.
Giannis in, des shooteurs out
L’arrivée du Greek Freak actée, le Heat peut désormais affiner son effectif, où les départs de Tyler Herro, Jaime Jaquez Jr, Kasparas Jakucionis et Kel’el Ware ont laissé de la place. Mais ils ont aussi sérieusement affaibli Miami au tir. Même dans un exercice moyen, plombé par les blessures, Tyler Herro était le deuxième principal danger de l’effectif à 3-points (2.5 réussites par match, à 37.8 %).
Kasparas Jakucionis a de son côté terminé sa saison rookie avec le meilleur pourcentage de tout l’effectif (42.3% à 3-points). Quant à Kel’el Ware, si son entente avec Erik Spoelstra n’a jamais été au beau fixe, son profil d’intérieur capable de s’écarter (39.5 % sur trois tentatives de moyenne) était indéniable.
Le chantier est donc de taille pour compenser ces pertes. Et une autre pourrait faire plus mal encore à l’équilibre déjà précaire du roster. Norman Powell est « free agent », et peut s’engager où il le souhaite. Sa première saison à Miami a été une réussite globale, en terminant meilleur marqueur de l’équipe et surtout shooteur le plus prolifique à 3-points (21.7 points à 38% à 3-points sur plus de sept tentatives). Le All-Star touchait un peu plus de 20 millions de dollars la saison passée, et peut légitimement espérer faire grimper sa rémunération avec son changement de statut. Mais pour y parvenir, cela passera quasi obligatoirement par un départ de South Beach.
Seulement 20 millions de dollars pour trouver quatre joueurs dont un titulaire ?
Après l’échange avec les Bucks, le Heat ne peut plus dépasser le « first apron » du salary cap cette saison. Miami a utilisé son « extended trade exception », qui permet à une équipe de récupérer davantage de salaire qu’elle n’en envoie dans un échange, mais avec une contrepartie : l’impossibilité de dépasser la première limite au-dessus de la luxury tax. C’est donc avec un peu moins de 19 millions de dollars que Pat Riley va devoir combler les quatre ou cinq dernières places disponibles dans son effectif… Un montant bien insuffisant pour espérer conserver Norman Powell en l’état, comme l’a confirmé ESPN, qui envisage déjà un départ de l’ailier.
Le Heat va donc devoir être malin et créatif pour s’offrir l’effectif capable de compléter Giannis Antetokounmpo, mais aussi un Bam Adebayo plus volontaire au shoot mais pas encore efficace.
Les deux intérieurs seraient pour le moment alignés dans le cinq de départ floridien avec Davion Mitchell, Pelle Larsson et Andrew Wiggins. Le Canadien pourrait donner un coup de pouce à sa franchise : titulaire d’une « player option » à hauteur de 30 millions de dollars, il pourrait décider de ne pas l’activer pour mieux négocier un nouveau contrat. S’il consent à baisser son salaire annuel en échange d’un bail plus long, Miami pourrait obtenir quelques millions supplémentaires pour faire son marché, tout en conservant un joueur fiable au tir (41.4 % à 3-points la saison dernière) et qui connaît les exigences d’une équipe qui joue le titre.
Des pistes et un historique de bons coups au Heat
Mais même avec trois joueurs en contrat minimum et la signature de Ryan Conwell, 37e choix de la dernière Draft et lui non plus pas franchement un shooteur, Miami ne compterait plus qu’entre 11 millions de dollars (si Andrew Wiggins active sa « player option ») et 15 millions de dollars en stock pour dégoter un arrière/ailier titulaire capable d’étirer les défenses. La « free agency » va offrir plusieurs options intéressantes, comme le liste le Miami Herald.
Tim Hardaway Jr est un scoreur sérieux, qui sort d’une saison à 40.7% derrière l’arc avec les Nuggets et pourrait poursuivre l’héritage de son père, ancien meneur du Heat dans les années 90. Quentin Grimes et Kelly Oubre (Sixers) ont de l’expérience et pourraient être tentés par ce défi. Anfernee Simons et Collin Sexton ne seront sans doute pas des priorités pour les Bulls en reconstruction, et tournent tous les deux à 38 % de loin en carrière. Les expérimentés Harrison Barnes (Spurs) et Khris Middleton (Mavericks) peuvent encore rendre quelques services, et Giannis Antetokounmpo serait sans doute ravi de retrouver son ancien bras droit.
Les Knicks et les Cavaliers souhaiteront sans doute re-signer Landry Shamet et Keon Ellis, mais pourraient être contraints par leur masse salariale déjà très bien remplie. À moins que Miami ne réussisse à convaincre plusieurs joueurs à la relance (Kevin Huerter, Buddy Hield, Bogdan Bogdanovic, Gary Trent Jr) de signer pour un contrat à prix cassé, et parvienne à engager plusieurs joueurs au profil idoine.
Comptez sur Pat Riley pour tenter quelques coups comme il en a souvent été l’auteur par le passé pour construire un candidat au titre, comme Ray Allen, Mike Miller à bas coût, ou encore les révélations de Max Strus, Gabe Vincent, ou encore Duncan Robinson. Un Robinson qui pourrait lui même être une cible du Heat si les Pistons venaient à le couper – seuls deux millions de dollars de son contrat sont garantis – pour faire de la place à leurs manœuvres de l’été. Celui-ci s’annonce encore chaud en Floride.




