Dix ans après l’affaire de Périscope, Serge Aurier a désigné celui qui était, selon lui, caché derrière son départ du PSG.
Devenu entraîneur adjoint des U15 du RC Lens sans avoir annoncé officiellement sa retraite sportive, Serge Aurier est revenu sur la polémique de Périscope remontant au milieu de la saison 2015-2016.
Dans un chat-vidéo, l’ancien latéral droit s’était prononcé sur son entraîneur d’alors, Laurent Blanc, en ces termes : « C’est une fiotte ». Une frasque qui lui avait valu d’être écarté pendant deux mois avant de sortir par la petite porte en août 2017 pour prendre la direction de Tottenham.
“J’avais deux ans de contrat sur la table”
De passage dans le podcast Shadytime 10 ans plus tard, l’ancien international ivoirien (93 capes, 4 buts) affirme cependant que son départ n’est pas directement lié à cette controverse, et qu’il avait en outre reçu une offre de prolongation de contrat.
« La vraie vérité c’est pas ça. Après cette histoire-là, si je veux partir, je pars directement. Je reste et je fais une saison avec Unai Emery, après je pars. Je pars de Paris, mais j’ai deux ans de contrat sur la table pour prolonger. Ça, les gens ne le savent pas. »
“Ils me respectaient à mort, y en avait un seul qui voulait pas”, Aurier indexe l’ex-directeur sportif du PSG, Olivier Létang
Regrettant avoir commis « une erreur de jeunesse », Aurier explique qu’il était devenu un paria aux yeux de l’ex-directeur sportif du PSG, Olivier Létang, devenu son bourreau, alors qu’il avait le respect et le soutien unanime du vestiaire.
« Le club et moi on aurait pu gérer différemment, et c’est ce que tout le monde voulait. C’est ce que tous les joueurs voulaient. Mais il y en avait un seul qui voulait pas, c’est le directeur sportif. Fallait aller donner à manger aux journalistes, aux gens pour paraître plus crédible. (…) J’étais dans une équipe où les mecs, ils me respectaient à mort. Pourquoi ? Parce que je faisais le taf. »
Considéré comme son fils par le regretté Jean-Louis Gasset, l’adjoint de Laurent Blanc à l’époque, toujours selon Aurier, les joueurs ne lui en auraient pas voulu.
« Forcément quand le truc arrive, les gens ils sont en mode “venez on règle ça en privé, on avance vite…” Si le vestiaire m’en a voulu ? Jamais de la vie frère. T’as vu un mec sortir et faire une déclaration ? Par contre, y a des joueurs qui sont sortis pour soutenir : Verratti, Lavezzi, Rabiot, Ibrahimovic pareil. »
Il relate un échange assez illustratif avec l’ancien buteur Zlatan Ibrahimovic.
« Il m’a dit : “Pourquoi t’es pas venu le lendemain dans le vestiaire, tu t’excuses et tout et on continue ?” Je luis dis : “On m’a appelé pour me dire de ne pas venir.” Et qui m’appelle ? C’est le directeur sportif qui me dit : “Ne viens pas.” »
La tentative infructueuse du vestiaire et les excuses à Laurent Blanc
Ses ex-coéquipiers auraient même rencontré Letang pour lui demander de le réintégrer au groupe professionnel. En vain.
« Les joueurs ont fait une réunion pour lui dire : “Fais-le revenir.” On est une groupe, y a un truc qui s’est passé, fais-le venir, il s’excuse, on avance. C’est après que j’ai vu que c’était un truc personnel. »
Dans un entretien parallèle accordé à Canal+, il a présenté des excuses mouillés de quelques larmes à Laurent Blanc. Un geste susceptible d’interroger sa sincérité, sachant que quelques années plus tôt, il avait déclaré qu’il « ne sait pas faire semblant ».
« Cher Laurent, si tu savais comme je regrette. Dix ans ont passé et je n’arrête pas de penser à toi. Je n’en pensais pas un mot. Parlons autour d’un café. Je vous invite, j’insiste. Je vous en prie coach, pardonnez-moi. »













