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Le 27 juillet 1992, Michael Jordan et Scottie Pippen faisaient vivre un enfer à Toni Kukoc

NISPORT STAFF Par NISPORT STAFF
27 juillet 2026
dans Basketball
Temps de Lecture :5 min de lectures
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Le 27 juillet 1992, Michael Jordan et Scottie Pippen faisaient vivre un enfer à Toni Kukoc
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Dans le bus qui conduit la « Dream Team » au Palau Sant Jordi de Barcelone, le calme règne lorsque Michael Jordan prend la parole. « Sa Majesté » n’a pas besoin d’un long discours pour annoncer son programme :

« Je prends Toni Kukoc. Il ne marquera pas un panier sur moi », se souviendra d’ailleurs Magic Johnson.

Nous sommes le 27 juillet 1992 et les États-Unis s’apprêtent à disputer leur deuxième rencontre des Jeux olympiques, face à la Croatie. Officiellement, la sélection américaine veut simplement poursuivre sa marche vers la médaille d’or. Pour Michael Jordan et Scottie Pippen, le match possède toutefois une dimension personnelle.

Leur cible s’appelle Toni Kukoc. Un joueur qu’ils n’ont encore jamais côtoyé, mais qu’ils ont déjà appris à détester.

Le protégé de Jerry Krause

À 23 ans, Toni Kukoc est alors considéré comme le meilleur basketteur évoluant hors de la NBA. Le gaucher de 2m08 vient de remporter trois Coupes d’Europe consécutives avec Split, avant de rejoindre le Benetton Trévise. Capable d’organiser le jeu comme un meneur malgré sa taille, la « Panthère rose » incarne déjà le prototype du joueur sans véritable poste.

Séduit par sa polyvalence, le dirigeant des Bulls Jerry Krause l’a sélectionné en 29e position de la Draft 1990. Surtout, le dirigeant ne cesse depuis de vanter son talent à Chicago, au point d’agacer ses propres joueurs.

La situation est particulièrement difficile à accepter pour Scottie Pippen. Sous-payé par rapport à son importance dans les deux premiers titres des Bulls, l’ailier voit son dirigeant multiplier les voyages en Europe et les efforts financiers pour séduire un joueur susceptible d’évoluer au même poste que lui.

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Toni Kukoc devient donc, sans l’avoir demandé, le symbole de tout ce que Scottie Pippen reproche à son patron.

« Je voulais le museler et l’humilier », reconnaîtra-t-il. « Je ne pouvais pas mettre Krause sur le terrain. » Une déclaration qui résume parfaitement l’état d’esprit de l’ailier, rapportée plusieurs années plus tard par ESPN.

Michael Jordan n’est pas directement concerné par le dossier contractuel de Toni Kukoc, mais il s’est rangé aux côtés de son lieutenant. Dans un documentaire consacré à la « Dream Team », il livrera une formule restée célèbre.

« Nous ne jouions pas contre Toni Kukoc. Nous jouions contre Jerry Krause dans un maillot croate. »

Pris en tenaille dès le milieu de terrain

Dès les premières possessions, Toni Kukoc comprend que la soirée va être longue. Scottie Pippen se charge de lui sur la majorité de ses minutes et refuse parfois de le laisser simplement recevoir le ballon. Le défenseur vient le chercher très haut, parfois avant même la ligne médiane, tandis que Michael Jordan surgit dès que le Croate parvient à créer un décalage.

Le futur joueur des Bulls ne dispose d’aucun espace. Chaque dribble déclenche une prise à deux. Chaque passe est contestée. Chaque écran est accompagné d’un changement agressif. Lorsque Toni Kukoc parvient enfin à éliminer Pippen pour se créer un tir à mi-distance, Michael Jordan arrive en deuxième rideau pour le contrer…

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« Je n’avais jamais vu une défense pareille », lâchera Toni Kukoc après la rencontre au New York Times.

Le résultat est brutal. Dans la large victoire américaine (103-70), Toni Kukoc est limité à 4 points à 2/11 aux tirs, avec 7 ballons perdus en 34 minutes. Il distribue bien cinq passes, mais ne parvient jamais à imposer son rythme.

En face, Michael Jordan termine meilleur marqueur avec 21 points, auxquels il ajoute 8 interceptions. Scottie Pippen compile 13 points, 9 passes et 5 interceptions. À eux deux, les coéquipiers des Bulls interceptent donc treize ballons, dans une démonstration défensive que les simples statistiques ne suffisent pas à retranscrire.

Patrick Ewing évoquera « la meilleure défense » qu’il avait vue Michael Jordan et Scottie Pippen produire. Charles Barkley parlera lui d’un spectacle à la fois « effrayant » et « magnifique ». Pour les deux compères de Chicago, la mission est accomplie. Après la rencontre, Scottie Pippen estime même que le Croate a montré qu’il n’était pas encore prêt pour la NBA…

Toni Kukoc refuse de leur en vouloir

À la différence de nombreux adversaires de Michael Jordan, Toni Kukoc ne gardera pourtant aucune rancœur de cette soirée. Le Croate ignorait alors l’étendue du conflit opposant Jerry Krause à ses joueurs et ne réalisera que plus tard pourquoi Michael Jordan et Scottie Pippen s’étaient acharnés sur lui.

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Avec le recul, il interprétera ce traitement comme un examen de passage. « Ils voulaient vérifier si j’étais assez solide, physiquement et mentalement », expliquera-t-il dans une histoire de la Dream Team. « Ils me testaient. »

Douze jours plus tard, les deux équipes se retrouvent en finale olympique. La « Dream Team » s’impose encore largement (117-85) pour achever son chef-d’œuvre barcelonais, mais Toni Kukoc offre cette fois une réponse convaincante. Il inscrit 16 points, distribue 9 passes décisives et capte 5 rebonds, gagnant au passage le respect de ses futurs coéquipiers.

Le Croate rejoint finalement Chicago en 1993. Son intégration n’est pas toujours simple, mais son talent ne tarde pas à s’imposer. Dès sa première saison, il inscrit plusieurs paniers décisifs, dont le célèbre tir au buzzer face aux Knicks en 1994, alors que Scottie Pippen avait refusé de participer à la dernière action.

Toni Kukoc devient ensuite meilleur 6e homme de l’année en 1996 et participe pleinement au deuxième triplé des Bulls. Lors de son intronisation au Hall of Fame en 2021, il n’oubliera d’ailleurs pas cette soirée du 27 juillet 1992.

« Merci à Michael Jordan et Scottie Pippen de m’avoir botté les fesses à Barcelone », lancera-t-il. « Ils m’ont motivé à travailler encore plus dur. »

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