Cinq ans après son premier Final Four, Pauline Coatanea retrouve Budapest avec Brest. Déjà présente lors de l’épopée de 2021, l’ailière bretonne s’apprête à défier une nouvelle fois Győr en demi-finale de Ligue des champions. Avec l’expérience acquise et un titre de championnes de France fraîchement décroché, elle croit plus que jamais aux chances brestoises.
Budapest, ses souvenirs et ses émotions. Cinq ans après la première qualification historique de Brest pour le Final Four de la Ligue des champions, les Brestoises retrouvent la capitale hongroise pour tenter d’écrire une nouvelle page de leur histoire. Parmi elles, une joueuse incarne ce lien entre les deux générations : Pauline Coatanea.
Arrivée à Brest à 23 ans après un passage à Nantes, l’ailière n’a jamais quitté son club de cœur. Déjà présente lors de la campagne européenne de 2021, elle mesure le chemin parcouru et savoure ce retour tant attendu.
« Super fière d’être ici aujourd’hui. C’est vrai que cinq ans, c’était long avant d’y retourner. Mais aujourd’hui, je ressens qu’on a un effectif qui est comme il y a cinq ans, avec de l’expérience, avec des jeunes et qu’on peut vraiment performer ce week-end. Donc on a toute l’ambition d’atteindre la finale dimanche et de la gagner. »
Un discours ambitieux porté par une équipe qui arrive lancée dans ce rendez-vous européen. Dimanche dernier, les Bretonnes ont décroché le titre de championnes de France, le premier depuis… 2021, l’année de leur précédent Final Four.
Si la fête a suivi ce sacre national, les regards étaient déjà tournés vers Budapest. « C’est vrai qu’à partir du moment où on a gagné dimanche, il y a eu un peu la fête, la célébration. Mais j’étais déjà aussi portée vers ce Final Four, donc je suis forcément concentrée. On a essayé vraiment de partager entre nous, avec les joueuses, les ressentis. Affiner la tactique au fur et à mesure chaque jour. On a fait beaucoup de vidéos. On a hâte de jouer maintenant. »
Depuis 2021, beaucoup de choses ont changé à Brest, à commencer par le banc. À l’époque, l’équipe était dirigée par Laurent Bezeau. Aujourd’hui, c’est Raphaëlle Tervel qui mène le groupe. L’ancienne joueuse de Győr apporte une expérience précieuse du très haut niveau et des grands rendez-vous européens.
« L’expérience de Raphaëlle Tervel est hyper importante. Elle nous aide vraiment à prendre la mesure de la chance qu’on a d’être ici. Et que tout est possible dans un Final Four. »
Tout est possible, même face à l’ogre hongrois. Le tirage a offert aux Brestoises un remake de la demi-finale de 2021 contre Győri ETO KC, tenant du titre et favori à sa succession. Un adversaire que Brest avait réussi à faire tomber au terme d’un scénario totalement fou, après prolongation et séance de tirs au but.
Cette fois encore, le défi s’annonce immense. Győr évoluera presque à domicile devant près de 20 000 spectateurs acquis à sa cause. Une atmosphère qui n’effraie pourtant pas Pauline Coatanea.
« Je trouve que c’est une équipe qu’on a toujours réussi à regarder vraiment droit dans les yeux. Et à leur poser beaucoup de problèmes. Donc demain, on va forcément avoir la même stratégie. »
Pour l’ex-internationale française, le statut de favori peut même devenir un poids pour les Hongroises. « Que la pression soit autant contre elles. Que le public soit plus lourd pour elles. Et que nous, on vive pleinement ce match. Puis tout est possible. Elles ont leurs failles, donc on va les exploiter au maximum. »
L’ailière brestoise sait aussi ce qu’une victoire représenterait. Aucun club français féminin n’a encore remporté la Ligue des champions. Ni Brest, ni Metz n’ont réussi à inscrire leur nom au palmarès de la compétition.
« Ça serait incroyable.C’est mon club de cœur, donc me dire qu’on a été championnes avec Brest, ça serait le Graal. Et puis pour la France aussi, parce que la France n’a jamais gagné de titre en Ligue des champions. »
Cette fois, contrairement à 2021, les supporters brestois seront présents dans les tribunes pour accompagner leur équipe. « C’est vrai que c’était assez spécial à l’époque. Aujourd’hui, on a les supporters qui seront là. Ils seront forcément moins nombreux que ceux de Győr, mais ils seront présents. Et du coup, on va pouvoir partager ça avec eux. »
Cinq ans après leur médaille d’argent, les Brestoises se retrouvent face au même adversaire, dans la même ville, avec les mêmes rêves. Et avec une Pauline Coatanea plus déterminée que jamais à réecrire l’histoire.
À Budapest,
Elinor Liardet




