Brest Bretagne Handball a longtemps fait jeu égal avec Györ avant de céder dans les dernières minutes d’une demi-finale irrespirable. Une défaite d’un but (30-31) au goût amer, où les Bretonnes retiennent surtout la frustration d’être passées si près de l’exploit, mais aussi la fierté d’avoir tenu tête au géant hongrois.
« On a montré qu’on n’avait pas peur d’elles », pose d’entrée Clarisse Mairot. « C’était un face-à-face pendant lequel on s’est rendu coup pour coup. Mais à la fin, c’est frustrant. Très frustrant. Il manque pas grand-chose. » Dans un match longtemps indécis, Brest a répondu présent dans l’intensité et dans l’engagement, sans jamais décrocher. Mais les détails ont fini par peser. « On était devant… et on se dit qu’on passe à côté sur des petits moments », poursuit-elle. « On fait quand même un bon match, mais ça se joue à pas grand-chose. »
Même lecture chez Ana Gros, lucide sur la bascule finale. « Je ne pense pas que c’est Györ qui nous a battues. C’est nous qui avons fait nos erreurs », insiste la Slovène « On a raté des tirs, on a fait trop d’erreurs à la fin. » Et malgré la défaite, le sentiment collectif reste fort. « Je suis fière qu’on s’est battues. On a montré un très bon visage contre Györ », ajoute-t-elle. « Mais à la fin, c’est un ballon, un détail, un tir qui décide du sort de la rencontre. »
Raphaëlle Tervel : « Tout le monde a répondu »
Pour la coach Raphaëlle Tervel, le scénario confirme la capacité de son équipe à exister à ce niveau malgré les coups durs. « On avait tout préparé, tout prévu », explique-t-elle. « Même en cas de problème sur le poste de pivot, on avait des solutions. On avait le plan B, on pouvait jouer sans les pivots. » Elle insiste sur la réponse collective du groupe. « Même quand Oriane sort, même avec les petites blessures, tout le monde est rentré et a apporté. C’est vraiment ce que je retiens : on était ensemble, une vraie équipe. »
Et si le scénario est cruel, la coach pointe aussi un facteur déterminant dans les moments clés. « J’avais calculé le nombre de sélections : 2600 en face, 900 chez nous. Donc l’expérience était plutôt de leur côté. » Pour autant, elle refuse toute résignation. « On croyait en nous. La semaine d’entraînement était incroyable. Et on n’était vraiment pas loin. »
Hatadou Sako : « Une bataille jusqu’au bout »
Hatadou Sako, la gardienne tricolore qui a posé ses valises à Györ, reconnaît elle aussi l’intensité du duel. « On savait que ça allait être chaud, mais à ce point-là quand même », confie la gardienne. « Elles nous ont donné du vrai fil à retordre. » Elle résume une rencontre où tout s’est joué au moindre faux pas. « L’équipe qui gagnera, ce sera celle qui fera preuve de constance et de rigueur jusqu’à la fin. Et sur la fin, ça s’est joué là-dessus. » Dans un money-time irrespirable, Györ a su tenir. « Elles avaient encore un ballon pour revenir », ajoute-t-elle. « C’était énorme. Mais on a réussi à rester solides dans les moments importants. »
Digérer et se remobiliser pour la médaille de bronze
Du côté brestois, la frustration laisse vite place à la projection vers le match pour la troisième place. Pauline Coatanéa insiste sur la nécessité de basculer rapidement. « Il faut digérer ce soir », dit-elle. « Dans le vestiaire, on a le droit de pleurer, d’être énervées. Mais après il faut laisser ça là et repartir avec une nouvelle énergie. » Elle souligne aussi la force du collectif dans l’adversité. « On a été soudées. C’était un kiff de jouer ensemble. On était toutes à la guerre. » Même ambition pour la suite. « On a envie de se récompenser demain. Il faut se remettre dedans rapidement. »
Brest s’incline donc d’un rien face à Györ après avoir longtemps fait jeu égal avec le favori. Une demi-finale frustrante, décidée sur des détails dans les dernières minutes, mais qui confirme la capacité des Bretonnes à rivaliser au plus haut niveau. Reste désormais une dernière marche : transformer la déception en énergie pour aller chercher la médaille de bronze face au CSM Bucarest.




