À 39 ans, Mitch Johnson n’a aucun mal à reconnaître qu’il possède désormais dans son staff un technicien au CV beaucoup plus fourni que le sien. Pour compenser le départ de Sean Sweeney, nommé à la tête du Magic, les Spurs ont recruté Billy Donovan pour épauler leur jeune entraîneur. Une recrue de choix !
« Je ne veux pas être assez naïf pour prétendre pouvoir vous expliquer tout ce qu’un entraîneur de 61 ans, membre du Hall of Fame, avec le CV de Billy Donovan, peut nous apporter », a souri Mitch Johnson. « Évidemment, je suis très heureux qu’il soit ici. »
Fort de 11 saisons comme coach NBA, l’ancien entraîneur du Thunder et des Bulls arrive avec un bilan de 469 victoires pour 413 défaites. Avant cela, il avait dirigé Florida pendant 19 ans, remportant deux titres NCAA consécutifs, en 2006 et 2007 avec Joakim Noah, Al Horford ou encore Corey Brewer. Cet été, il aurait pu chercher à retrouver immédiatement un poste de « head coach », et il était d’ailleurs annoncé parmi les candidats à la succession de Jamahl Mosley à Orlando, finalement confiée à Sean Sweeney.
Mais il a préféré prendre du recul, et son arrivée à San Antonio offre à Mitch Johnson un lieutenant particulièrement expérimenté, alors que le jeune technicien avait été critiqué pour certaines de ses décisions durant les derniers playoffs, et notamment lors des Finals perdues face aux Knicks.
« C’est une personne formidable, avec une très belle personnalité, et il s’est intégré naturellement », poursuit l’entraîneur des Spurs. « Il possède énormément d’expérience et se donne à fond. Il ne reste pas assis à raconter des histoires. Il retrousse ses manches et met les mains dans le cambouis. C’est un honneur de l’avoir avec nous et je suis très enthousiaste. »
L’exemple du Thunder de 2020
Le premier grand chantier de Billy Donovan sera d’aider les Spurs à organiser leur riche rotation sur les postes arrières. San Antonio entend associer plus régulièrement De’Aaron Fox, Stephon Castle et Dylan Harper, trois joueurs qui aiment avoir le ballon entre les mains. Et le sophomore a déjà prévenu qu’il n’était pas là pour jouer les 6e hommes de luxe encore bien longtemps…
Billy Donovan a déjà dû résoudre une équation comparable. Lors de la saison 2019/20, il avait fait fonctionner au Thunder une association composée de Chris Paul, Shai Gilgeous-Alexander et Dennis Schröder. Oklahoma City avait alors déjoué les pronostics en terminant à la cinquième place de la conférence Ouest avec un bilan de 44 victoires pour 28 défaites. Les trois meneurs avaient respectivement inscrit 17.6, 19.0 et 18.9 points de moyenne. Une expérience qui n’a pas échappé à De’Aaron Fox.
« L’une des choses dont nous avons parlé, c’est de sa capacité à entraîner trois meneurs en même temps », explique-t-il. « À Oklahoma City, il avait Dennis, Shai et CP. Il a réussi à faire fonctionner cette association. Cette équipe n’était pas censée participer aux playoffs, mais elle a très bien joué parce qu’ils avaient trouvé la bonne formule. C’est l’une des choses qu’il peut nous apporter. »
Un trio déjà aperçu pendant les Finales
Hormis dans les fins de rencontre, De’Aaron Fox, Stephon Castle et Dylan Harper ont encore peu évolué simultanément. Mitch Johnson avait néanmoins commencé à les associer davantage lors des Finals face à New York.
« Nous n’avons pas beaucoup joué ensemble la saison dernière », reconnaît De’Aaron Fox. « Mais lors des Finales, nous avons commencé à passer davantage de temps tous les trois sur le terrain en fin de match. Nous savons que nous jouerons ensemble cette année. »
Billy Donovan devra donc trouver le bon équilibre entre leurs qualités de création, tout en évitant que leur association ne réduise le « spacing » autour de Victor Wembanyama. Sa capacité à répartir les responsabilités entre Chris Paul, Shai Gilgeous-Alexander et Dennis Schröder constitue une référence rassurante.














