Julius Erving sait ce qu’une arrivée majeure peut changer dans la trajectoire d’une équipe. En 1982, les Sixers avaient ajouté Moses Malone à un groupe déjà construit autour de « Dr. J », Maurice Cheeks, Bobby Jones ou encore Andrew Toney. Quelques mois plus tard, Philadelphie remportait le titre NBA.
Plus de quarante ans après ce dernier sacre de la franchise, l’ancien MVP observe donc avec attention la nouvelle équipe construite autour de Joel Embiid et Tyrese Maxey, désormais rejoints par LeBron James et Jaylen Brown. Sur le papier, les ambitions sont forcément immenses.
« Ce qui va se passer à Philadelphie va être très excitant pour les supporters et pour LeBron », estime Julius Erving. « Cette équipe peut établir des records et gagner des titres, mais elle doit le faire sur le terrain, pas seulement avec des paroles. »
Le souvenir de l’arrivée de Moses Malone
La situation rappelle à Julius Erving l’arrivée de Moses Malone à Philadelphie en 1982. Les deux hommes se connaissaient depuis leurs années ABA et avaient conservé de bonnes relations malgré leurs parcours respectifs.
« C’était comme un mariage parfait », se souvient-il. « Il avait dit : ‘C’est l’équipe de Doc et c’est son show, mais ce sera peut-être un meilleur show avec moi.’ Je lui avais répondu : ‘Oui, il a intérêt à être meilleur avec toi.’ »
L’impact avait été immédiat.
« Dès le premier entraînement, nous avions le sentiment de pouvoir battre n’importe qui. » Les Sixers avaient en effet terminé la saison régulière avec 65 victoires avant de traverser les playoffs avec une seule défaite, puis carrément de balayer les Lakers en quatre manches en Finals.
Plus de quarante ans plus tard, Julius Erving retrouve donc un scénario familier : une équipe déjà ambitieuse qui ajoute plusieurs stars capables d’en bouleverser la hiérarchie. Avec une différence majeure cette fois, puisque Philadelphie devra faire cohabiter plusieurs joueurs habitués à occuper un rôle central.
Jaylen Brown en patron ?
Dans cette redistribution des rôles, Julius Erving voit notamment Jaylen Brown comme bien davantage qu’un simple lieutenant. L’ancien Sixer s’est montré particulièrement optimiste concernant l’ancien Celtic, estimant que sa principale interrogation concernait surtout sa capacité à rester en bonne santé.
« La santé est la question essentielle. Il a généralement disputé la majorité des matchs, même lorsque certains de ses coéquipiers ne jouaient pas. S’il peut rester en bonne santé, il est encore jeune et dans la force de l’âge. Il n’a pas vraiment de limite. »
Et malgré la présence de LeBron James, Joel Embiid ou Tyrese Maxey, « Dr. J » estime que Jaylen Brown possède les qualités nécessaires pour occuper une place centrale dans le projet.
« Il fait partie de ces joueurs qui peuvent être le patron. » Toute la question sera désormais de trouver le bon équilibre entre ces individualités. Pour Julius Erving, le principe doit rester simple : trouver le joueur démarqué et accepter de partager les responsabilités.
Sur le papier, Philadelphie possède donc les armes pour viser très haut. Mais l’ancien champion NBA préfère attendre de voir comment toutes ces pièces vont s’assembler avant de placer les Sixers au sommet. Une prudence assez logique pour celui qui avait connu plusieurs désillusions avec Philadelphie avant que l’arrivée de Moses Malone ne transforme enfin une équipe de prétendants en championne NBA en 1983.




