Dans les rues de Dakar comme au village olympique de la jeunesse de Diamniadio, leur présence ne passe pas inaperçue. Reconnaissables à leurs tenues jaunes, les membres de l’équipe olympique des réfugiés suscitent la curiosité et bénéficient d’un accueil chaleureux. Une attention qui témoigne de l’intérêt porté à ces jeunes dont les parcours sont marqués par les déplacements et les difficultés de l’exil.
Cette visibilité dépasse largement le cadre des compétitions. Sollicités par les médias et régulièrement approchés pour des photographies, les athlètes ont également reçu la visite de Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique (CIO), venue leur adresser des encouragements au village olympique. Des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont également échangé avec eux.
Le sport, un langage universel
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, Dakar 2026 constitue surtout un espace de rencontres et de partage. Les jeunes réfugiés ont notamment eu l’occasion de côtoyer l’équipe syrienne de baseball à 5, composée elle aussi de réfugiés vivant dans le camp d’Azraq, en Jordanie.
Les deux délégations se sont retrouvées au Monument de la Renaissance africaine, avant que les athlètes de l’équipe olympique des réfugiés ne viennent soutenir leurs homologues syriens lors de leur confrontation avec le Sénégal. Une rencontre remportée par la Syrie sur le score de 2 buts à 1. Malgré les différences linguistiques et culturelles, ces jeunes ont partagé une expérience commune, favorisant les rapprochements et la solidarité.
Pour ces athlètes, les Jeux représentent également une occasion de découvrir d’autres cultures et de s’ouvrir au monde. Lourance, porte-drapeau de la délégation, témoigne de cette transformation : « Depuis que j’ai commencé le sport, ma vie a véritablement changé. Je peux dorénavant voyager à travers le monde et apprendre la culture d’autres personnes ».
Six athlètes pour représenter des millions de réfugiés
Cette délégation compte six sportifs, tous d’origine africaine, engagés dans trois disciplines. En athlétisme, Clement et Nyataba disputent le 800 mètres, tandis que Florence et Rachid sont alignés sur le 200 mètres. Arno représente l’équipe en judo dans la catégorie des moins de 55 kg, et Lourance en taekwondo chez les moins de 49 kg.
Âgés de 15 à 17 ans, ces jeunes évoluent sous les couleurs de l’équipe olympique des réfugiés, avec le soutien de pays d’accueil, notamment le Kenya et l’Ouganda. Leur participation à Dakar s’inscrit dans la continuité de l’engagement olympique en faveur des personnes déplacées, amorcé aux Jeux de Rio en 2016.
Au-delà de ces six parcours individuels, leur présence rappelle l’ampleur d’une crise mondiale. Selon les données du HCR citées par le CIO, plus de 117 millions de personnes sont déplacées à travers le monde, dont 39 millions en Afrique subsaharienne. Près d’un tiers des personnes déplacées sur le continent africain sont des réfugiés ou des demandeurs d’asile, parmi lesquels environ la moitié sont des enfants.
À Dakar, l’équipe olympique des réfugiés trouve ainsi une place qui dépasse les résultats sportifs. Dans le cadre de cette première édition des Jeux olympiques de la jeunesse organisée en Afrique, ses six représentants incarnent une autre dimension de l’olympisme : celle d’un sport capable de rapprocher les peuples, de redonner de la visibilité aux personnes déplacées et d’ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse.














