Légende du football français,
Jean Tigana a été un joueur emblématique de l’équipe de France de
Michel Platini, championne d’Europe 1984, puis un entraîneur à
succès à l’AS Monaco.
L’AS Monaco fête les 50 ans de son excellent centre de
formation, baptisé La Diagonale. Le club du Rocher a fait grandir
de nombreux internationaux français de renom comme Jean-Luc Ettori,
Sébastien Squillaci, Lilian Thuram, Manuel Amoros, Emmanuel Petit,
Bruno Bellone, Thierry Henry, Kylian Mbappé ou David Trezeguet.
Même si « Trezegol » n’est pas vraiment un joueur issu du centre de
formation. Il a débarqué à 17 ans alors qu’il avait déjà fait ses
débuts en D1 argentine avec le CA Platense.
Natif de Rouen, fils d’un attaquant argentin passé par
l’Hexagone de 1976 à 1979, le petit David a grandi à Buenos Aires
avant de mener un projet familial: celui de s’envoler pour la
France avec ses parents afin de faire carrière. Après un essai de
plusieurs semaines au PSG, qui lui proposait seulement d’intégrer
le centre de formation, Trezeguet a été conseillé par Luis
Fernandez à Jean Tigana, l’entraîneur de l’AS Monaco. Une
opposition six contre six a été suffisante. Le jeune avant-centre,
déjà déterminé à finir les actions, s’est installé sur la Côte
d’Azur avec sa famille.
Or David Trezeguet n’a pas beaucoup joué en équipe première, en
étant envoyé avec la réserve durant deux saisons. Il compte cinq
matches en 1996-1997 quand son nouveau confident Thierry Henry,
avec qui il jouait aussi en sélections de jeunes, a explosé (10
buts et 13 passes décisives en 96-97). Le Franco-Argentin est
devenu « Trezegol » l’année suivante, au départ de Sonny Anderson,
en frappant à 24 reprises avec les Rouge et Blanc, pour débuter
chez les Bleus en janvier 1998 avant d’être sacré champion du monde
!
Avec Jean Tigana, l’après-98 a été difficile
Trezeguet doit beaucoup à son premier entraîneur au haut niveau,
l’illustre Tigana, milieu vedette de l’équipe de France championne
d’Europe 84 et double demi-finaliste de la Coupe du monde. « Il
a été un formateur idéal et l’entraîneur le plus important pour moi
en France. Il ne voulait pas nous mettre la pression, à Titi Henry
et moi, même à l’époque du Mondial 98. Il voulait qu’on fasse
preuve de sagesse au regard de notre jeune âge », raconte
ainsi l’ancien buteur dans les colonnes du Monde.
Après le Mondial 98, Jean Tigana n’a pas relâché la pression sur
ses prodiges
Thierry Henry et David Trezeguet. « C’était sa ligne de
conduite. Le coach voulait que Titi et moi continuions à nettoyer
les ballons, apporter les bouteilles et les chaussures. On est
revenus à cette normalité monégasque. Les premiers mois post-98 ont
été difficiles. On est passés de la folie à un certain calme
», se souvient l’avant-centre, qui va ensuite flamber sous les
ordres de Claude Puel lors du titre de champion de France de l’ASM
en 2000, en marquant 24 buts.




