Dans les travées du Chase Center, Carla Leite est comme chez elle. La saison dernière, la meneuse française sortait du banc pour les Golden State Valkyries. Un an plus tard, avec des moyennes de 16 points et 6 passes décisives par match, elle fait partie des candidates au titre de meilleure progression de la saison avec le Portland Fire.
La médaillée d’argent avec l’Equipe de France est revenue pour Basket USA sur sa première compétition majeure avec les Bleues, sa première saison avec le Fire et les raisons de sa récente signature en Turquie.
Carla, félicitations pour cette belle aventure en Allemagne avec l’Equipe de France. Cette Coupe du monde, en tant que spectateur, est passée très vite. Est-ce que c’était la même chose pour vous et est-ce que c’était compliqué à gérer en arrivant des États-Unis ?
Je dirais que c’était long et court à la fois, en fait. J’avais hâte aussi de rentrer à Portland. Ça m’a un peu manqué, honnêtement, de revoir mes coéquipières, le staff et aussi juste de jouer en WNBA. Mais la Coupe du monde reste une expérience super et j’ai vraiment passé du bon temps à Berlin.
Quel est votre meilleur souvenir ?
Il y a plein de petits moments, il y avait plein de trucs drôles, que ce soit en muscu ou à l’entraînement. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais un peu d’appréhension car c’était la première fois que je faisais une compétition en A. Je connaissais un peu les filles, mais je ne m’étais jamais vraiment retrouvée dans l’équipe comme ça. J’ai été agréablement surprise par l’ambiance, c’était super cool. On s’entendait toutes bien, il n’y avait personne à l’écart. On formait vraiment un groupe, je pense que tout le monde a pu le constater.
« Je pense qu’on aurait pu accéder aux playoffs »
Ce soir, vous jouez contre les Valkyries, sans Gabby Williams et Janelle Salaün, laissées au repos. Comment c’était de jouer avec elles en Equipe de France ?
C’est vrai que Janelle, je la connaissais un peu. J’ai déjà joué avec elle aux Valkyries. Je l’adore, donc c’était trop cool de pouvoir vivre cette expérience avec elle. Gabby, j’avais fait quelques matchs de qualification avec elle, mais je n’avais jamais été à ses côtés en compétition officielle. C’était sa première fois en tant que capitaine et c’était trop bien, j’ai trop kiffé. Franchement, c’est un exemple pour nous toutes. Elle nous a montré la voie.
À quel point votre expérience à Portland vous a-t-elle préparée pour cette échéance avec l’Equipe de France ?
C’est grâce à Portland que j’ai pu être retenue en Equipe de France. Ils m’ont fait confiance dès le début de saison. Je peux vraiment m’exprimer sur le terrain. Ils me laissent être moi-même, donc je leur dois beaucoup. Et ça m’apporte plein de confiance pour la suite.
Il reste trois matchs de saison régulière. C’est votre première saison à Portland. Quel bilan tirez-vous de cette première saison ?
En soi, je pense que c’est un bilan assez positif. C’est notre première année. J’ai un peu de frustration parce que je pense qu’on aurait pu accéder aux playoffs. Mais je pense que ça va être bon pour la suite. On va juste travailler sur les petites erreurs qu’on a pu faire durant toute la saison et je pense que l’année prochaine, on va pouvoir faire une meilleure saison que ce qu’on a fait cette année.
Et sur le plan personnel ?
Personnellement, je me suis juste bien sentie. Je remercie vraiment l’équipe et mes coéquipières parce qu’elles m’ont fait confiance. En tout cas, quand je suis sur le terrain, je me sens en confiance et j’essaie juste de jouer comme j’aime jouer.
« J’ai toujours rêvé de jouer en Turquie »
Est-ce que le fait d’avoir vécu la saison avec les Valkyries l’année dernière, qui étaient aussi une équipe d’expansion, vous a aidée ? Avez-vous pu transmettre cette expérience à vos coéquipières qui découvraient ça ?
Oui et non, parce que ce n’est pas facile. Surtout que l’anglais, là, ça va mieux. Mais c’est vrai que quand ce n’est pas vraiment ta langue natale, c’est un peu compliqué de t’intégrer. Et à chaque fois que tu changes d’équipe, tu dois te réadapter au style du coach. Donc parfois, ce n’est pas évident. Mais là, franchement, on a la chance d’avoir un groupe formidable. Donc c’était super facile de créer une cohésion.
Est-ce que c’est particulier de revenir ici, au Chase Center, où vous avez commencé votre carrière en WNBA, qui plus est devant un public dont vous étiez la chouchou l’année dernière ?
Oui, bien sûr. Tout à l’heure, j’ai croisé une personne du staff avec qui je passais beaucoup de temps l’année dernière. Je lui ai dit que je n’étais pas stressée, mais j’ai un peu cette appréhension de devoir rejouer dans le Chase. C’est toujours du bon stress, mais c’est vrai que c’est toujours un peu spécial de revenir ici.
Après la saison, vous allez rejoindre la Turquie et le club de Mersin, où vous venez de signer. Beaucoup de joueuses WNBA optent pour Unrivaled. Pourquoi avez-vous préféré l’Europe ?
C’est vrai que j’ai toujours rêvé de jouer en Turquie. Pourquoi, je ne sais pas. J’aime bien tout ce qui est ambiance un peu stressante, avec beaucoup de pression, les fans un peu fous. Je pense que c’est ça que j’aime bien. J’avais envie de vivre cette expérience, même si c’est juste deux années. J’ai vraiment hâte de voir ce que ça donne de jouer dans un club turc.
Propos recueillis à San Francisco.




