« Tony a tout mal fait et tout bien fait dans la même action… »
Dépité par l’issue du Game 1 des Finals 2013, LeBron James l’était encore plus par la façon dont Tony Parker avait conclu les débats : un tir miraculeux avec la planche à l’ultime dixième de la possession, après avoir frôlé la perte de balle plusieurs fois et même posé un genou au sol, pour mettre les Spurs à +4 à cinq secondes de la fin.
« Ça ressemblait à une possession de 26 secondes », soufflait Erik Spoelstra. « Il avait LeBron sur lui », rappelait Manu Ginobili, quand Tim Duncan ne pensait qu’à une chose : « Je voulais simplement qu’il arrive à shooter ».
Car rien ne s’était déroulé comme prévu pour San Antonio. « On a trop attendu avant de jouer ce pick-and-roll », estimait Manu Ginobili, qui cherchait ensuite surtout à offrir une solution de secours à son meneur.
Sauf que Tony Parker s’est retrouvé enfermé par les longs bras de Miami. « J’ai l’impression que ça a duré une éternité aussi », avoua d’ailleurs le Français après la rencontre, lui qui avait inscrit 10 de ses 21 points dans le dernier quart-temps. « C’était fou. J’ai cru perdre le ballon trois ou quatre fois, rien ne s’est passé comme je le voulais. À la fin, j’essayais juste de prendre un tir. Et je l’ai bien senti quand le ballon a quitté ma main. »
Tony Parker se faufile sous LeBron James
LeBron James, lui, pensait pouvoir provoquer un entre-deux lorsque Tony Parker a trébuché. « Il est tombé, et quand il est tombé, je me suis dit : ‘OK, je vais pouvoir bloquer ce ballon’. » Mais le meneur français s’est relevé, est passé sous le bras du quadruple MVP et a finalement déclenché un tir en déséquilibre, avec la planche.
« Je pensais que c’était trop tard », confiait Manu Ginobili, avant que la vidéo ne valide le panier. Gregg Popovich, lui, reconnaissait volontiers la part de réussite : « Il a continué à se battre. On a eu beaucoup de chance. »
Un tir difficile à encaisser pour le Heat, champion en titre, défait d’entrée à domicile. Mais ce miracle de Tony Parker n’allait pas suffire à leur offrir le titre. Quelques jours plus tard, Ray Allen rendra à San Antonio la monnaie de sa pièce avec un autre tir devenu légendaire, dans le Game 6.
Reste que le 6 juin 2013, Tony Parker a signé l’un de ses paniers les plus fous. Et peut-être le plus improbable.



